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L'édition, autrement  !...

 

LaHyene

Présentation

Edi'lybris a le plaisir d'accueillir un nouvel auteur : LaHyene

Afin de vous permettre de mieux la connaître, nous lui avons proposé une petite interview...

 

 

Pierre Brandao : LaHyene, bonjour.
LaHyene : Merci, bonjour à vous.

Ça me fait drôle de vous appeler ainsi… Vous pouvez nous expliquer le choix de ce pseudonyme ?
Mon patronyme ... étant déjà emprunté par une auteure, j'ai préféré utiliser un pseudo ; un nom d'animal... et pourquoi pas mal aimé ? J'avoue qu'il ne plait pas et interpelle... tant mieux !

Vous insistez pour soustraire l’accent du mot Hyene. Encore une fois, pourquoi, diantre !
Je ne sais pas si c'est bien de le dévoiler car c'est purement de la fainéantise orthographique... oups !

En quelques mots, auriez-vous la gentillesse, pour nos lecteurs d’Edi’lybris, de vous présenter ? Qui êtes-vous, LaHyene ?
Oui, j'ai la gentillesse hihi hihi : Une nomade... et une nomade spirituelle. Je "déambule" dans ce monde et... les autres, les imaginaires.
Quelques mots sur votre cursus professionnel ? sur vos passions ? Et sur votre goût prononcé pour le cinéma ?
Après une formation paramédicale, je me refusais à la stabilité du "métro-boulot-dodo". Un goût prononcé pour la liberté et une certaine curiosité m'ont poussée dans certaines contrées : la forêt guyanaise, le Brésil ainsi qu'une excursion en voilier dans l'océan indien... 
J'ai enchainé les boulots dans différents domaines comme le secrétariat, le milieu scolaire, l'usine, la vente... Aujourd'hui, je suis projectionniste cinéma dans une association : que du bonheur !
J'aime tous les arts et la création en tout genre.

Vous avez déjà un vécu en écriture. Des contes pour enfants. Ce lectorat très particulier est gourmand en découvertes. Qu’avez-vous à lui proposer ? 
J'ai écrit et illustré un premier conte pour enfant : "La reine Dard-dard, une guêpe à la mode". Suite au succès de cette histoire, j'ai réalisé une scénographie de cet univers avec les différents personnages : la reine, et deux coccinelles aventurières Gudule et Fenlabise . Le jardin "pousse" au fil des expositions dans les médiathèques et les écoles.  Avec un ami, nous contons et avons le projet d'optimiser le spectacle avec une vidéoprojection.

Un deuxième conte "Mamzelle Pirouette et Mr Troubadour à la Rochefoufou" est écrit et "se dessine"...
Avec « Mise en abîme », vous plongez dans un univers à la fois surprenant et pourtant personnel : la déambulation d’une conscience perdue… Pourquoi ce thème ?
Après la lecture du roman "Incendie d'août" de Jean-Pierre Andrevon dont j'ai aimé l'ambiance, j'ai eu envie d'écrire à mon tour. Le personnage d'Angèle s'est présentée à moi. 

Le lecteur averti aura souri à l’orthographe du mot « abîme », que l’on n’attend pas ainsi au cœur de cette expression. Pourquoi ce choix ?
Oui, pour rappel, une "mise en abyme" est une action, ou un objet, ou une image qui se répète indéfiniment. Le mot "abîme" avec l'accent circonflexe est toléré pour cette expression. Avec la complicité de mon éditeur (préféré), le choix du titre est évident à la connaissance de l'histoire du personnage principal Angèle, qui tombe dans le gouffre de ses songes.

Désirez-vous préciser quelque chose aux lecteurs d’Edi’lybris ?  
J'espère que cette histoire ne vous laissera pas indifférent. Le lecteur averti peut remarquer que je me suis "amusée" à placer certains éléments récurrents dans chaque partie de cette trilogie. 

LaHyene, je vous remercie pour vous être prêtée à ce délicat exercice. Je gage que nos lecteurs auront plaisir à vous découvrir.
Merci.

MISE EN ABÎME

Comme un jeu de l’oie au parcours atypique, la vie de l’héroïne de ce roman nous emporte dans un voyage introspectif dont l’issue s’égare entre raison et folie. Quelle est la nature de ce dérèglement psychologique ? L’enfance martyre ? L’imagination débordante (délirante ?) qui nous transporte dans un monde dadaiste ? La présence d’une entité malsaine née d’un passé hégémonique ? Ou un peu de tout cela à la fois ?

    Qu’importe... au fil et au malaise des pages, le lecteur ne manquera pas de s’interroger sur le mécanisme obsessionnel et prégnant de sa propre pensée et de son éventuelle déviance... 

    Comme le dit si bien l’auteur en préambule de son ouvrage : «Folie, quand tu nous tiens !»

 

Couv recto mise en abime br

Extrait

Le monde réel, le présent…
L’enfant, le passé…
L’onirique, le jeu de l’oie …

« Folie, quand tu nous tiens...»

Seul sur son voilier dans cette immensité grise, les yeux embués d’alcool, Berni suit du regard la bouteille lui glisser des mains, rouler sous le tangage pour se jeter à la mer. Sur le cul, dans les flots, elle danse une polka. Peut-être que l’eau la pénètrera par le goulot pour noyer le reste de Cognac avant de l’aspirer dans les fonds marins.
Bouteille à la mer sans message.
De toute façon, même avec des mots par dizaines ou centaines, celle-ci n’aurait jamais pu contenir autant de colère et de tristesse. Alors, comme pour conjurer le sort, convaincu qu’on se fait toujours mieux comprendre à grands cris qu’à faibles soupirs, Berni hurle au vent, aux mouettes, à qui voudra l’entendre :
— On l’a enfermée chez les fous mais elle n’est pas folle ! C’est juste une histoire de fous…
Cette fois-ci, s’adressant à elle comme si elle pouvait l’entendre, implorant :
— Angèle, dis-moi qu’il n’est pas trop tard ! Pourquoi tu te suicides à petit feu ? POURQUOI ? Pourquoi refuses-tu de parler ?… Et Sidonie, qui est cette Sidonie après qui tu cours ? 
Un spasme de l’estomac le plie en deux. Puis il se laisse tomber à genoux, le sel de ses larmes rejoint celui de la mer. Avant de sombrer dans un lourd sommeil, il se remémore les souvenirs partagés avec Angèle, les bons, les moins bons. Puis il ressasse l’instant où il aurait dû réagir, un infime moment où il aurait pu changer le destin d’Angèle, il y a environ trois mois.

Date de dernière mise à jour : 13/06/2020