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PRÉSENTATION

Jannick WEBER-DENÉCHAUD : SES ROMANS POLICIERS

L'imagination fertile de Jannick nécessite de créer une page exclusive pour ses romans policiers. Si vous recherchez un titre dans cette collection, vous êtes au bon endroit !
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Les interviews

Émission Scène ouverte sur Hélène FM du 03.09.2021

 

Promotion de Maxime Félicien-Denéchaud, mémoire sauvegardée,
Interview du 16 mai 2016

 

LE COQ CHANTE ET LA MAFIA S'INVITE

Qu’est-ce qui fait la différence entre la Justice et l’omerta d’un groupuscule dont on ignore jusqu’au nom ? Un sens aiguisé de la sentence rendue, sûrement...

Quand France met en pratique ses compétences scientifiques afin de traduire le chant du coq, elle ignorait que ses travaux allaient perturber bon nombre de citoyens et raviver des jalousies insoupçonnées. Chaque protagoniste fait comme il peut, jusqu’à ne pas hésiter à faire appel à certains individus peu recommandables...

Un vent de tempête va alors souffler sur le secteur de Saint-Laurent de la Prée et de Fouras, et le capitaine Masselin aura fort à faire pour déméler les méandres d’une vérité qui ne laissera poindre que certains de ses versants !

Chers lecteurs, regarderez-vous les coqs de la même manière, après  avoir lu ce roman ?

Le coq chante et la mafia s invite version retenue 04022022

Extrait du chapitre 1

Malfrat 2

Parvenue au terme d’une activité profession-nelle passionnante, France Maraudes décide de revenir vivre sur la terre de ses ancêtres. Née à Rochefort-sur-Mer le 2 octobre 1970, elle n’a jamais oublié tous ces moments empreints d’une grande tendresse passés auprès de ses parents, importants propriétaires ruraux, domiciliés à Saint-Laurent-de-la-Prée.

Dès son plus jeune âge, elle les accompagne sur les ruages bordés de canaux où les herbes sauvages et les joncs ploient doucement sous la brise légère. Munie de cuissardes pour ne pas « encasser », après avoir franchi la Basse Roche, la demoiselle arrive au bord de la Charente et se rappelle les réflexions de sa chère maman :

— François 1er a dit que c’était le plus beau fleuve de France, souviens-t’en toujours. De par le monde, tu ne verras jamais rien d’aussi reposant.

— Oui...

— Je t’emmènerai bientôt au Musée du Louvre. Tu y admireras les toiles de Corot dont plusieurs représentent le paysage charentais.

Comme tous les enfants, elle enregistre les informations sans y attacher une grande importance. Ces derniers ne remonteront à la surface que bien plus tard.

France traverse souvent les limites de la commune de Fouras. Après avoir serpenté sur la rue des Marais, elle reste de longues minutes au bord de l’estuaire, regarde au loin l’île Madame, et laisse ses pensées s’envoler. Elle se remémore ses jeunes années.

‭***‬Malfrat 3

Depuis son inscription à la Sorbonne, France cohabite avec Pascal qui fréquente les mêmes cours qu’elle. Si le garçon l’apprécie, il aime également plaire à toutes les filles qui gravitent autour de lui. Ce comportement agace la jeune femme. Elle décide de se montrer plus attentive. Après être venue passer quelques jours de vacances auprès des siens, elle avance son retour d’une journée afin de surprendre son « chéri ». En ouvrant la porte de l’appartement, elle entend des roucoulements très particuliers, et aperçoit Pascal chevauchant sa meilleure copine.

Elle entre dans une colère terrible, casse de la vaisselle en la jetant sur eux. Pour se soustraire à sa furie, les deux amants se sauvent dans le hall. Un voisin compatissant les recueille et appelle la police. Arrivées rapidement sur place, les forces de l’ordre invitent France à se calmer. Ils sont obligés de la menacer de l’emmener au commissariat. Toujours à moitié nus, les « fautifs » attendent leurs vêtements éparpillés sur le sol de la chambre, afin qu’ils puissent se rhabiller. Les locataires commentent allègrement cet épisode pour le moins scabreux.

France reprend lentement ses esprits, mais dès le départ des agents, elle lance leurs nippes, sacs et divers accessoires personnels par la fenêtre du troisième étage. Fort heureusement, aucun passant ne circule à ce moment-là. Le couple, simplement recouvert de peignoirs prêtés par les voisins, descend les escaliers pour tout récupérer.

Dans la soirée, Pascal, sans doute certain de son ascendance sur la jeune fille, tambourine à la porte pour rentrer au bercail, mais que nenni, elle ne l’entend pas de cette oreille.

En attendant que les choses se calment, il demande l’hospitalité à un de ses camarades. Le lendemain, France l’informe que ses affaires, jetées pêle-mêle dans une valise, sont déposées dans le local à ordures ménagères. Cet homme, trop sûr de lui, avait juste oublié que la location était au nom de France. Malgré ses regrets, elle ne cède pas. Il se retrouve alors à la rue. Heureusement, la fin de l’année universitaire approche, elle revient au bercail, titulaire d’un doctorat en physique et photonique.

France décide de s’inscrire à la California Institut, université privée américaine très prisée, créée en 1891. Situé à Pasadena dans la banlieue de Los Angeles, en Californie, cet établissement se distingue dans les domaines de la science, de la technologie et l’ingénierie. France ira donc rejoindre les deux mille sept cents étudiants déjà enregistrés sur ce campus.

Pendant ses congés, pour chasser de son esprit cette douloureuse histoire, elle parcourt pendant des heures les chemins de sa commune. Elle admire les animaux paissant tranquillement dans les prairies, transformées régulièrement en bourbiers. Arrivée à l’embouchure de la Charente, France pense que, de l’autre côté de l’océan atlantique, une vie différente l’attend. La suite des évènements lui donnera raison.

La jeune charentaise aime ce village et sa douceur de vivre, mais souffre d’une certaine réserve affichée à l’égard de sa famille. Elle en discute souvent avec ses parents.

— Toutes ces vieilles histoires, pourquoi ne pas les oublier ?

— Lorsque cela touche la terre et l’argent, lui répond son père, les rancœurs remontent à la surface. Tu dois apprendre à en faire abstraction.

Coq2‭***‬

Le patronyme de Maraudes est souvent galvaudé et remplacé par Volnoré (voleur d’Honoré). L’implantation de cette famille dans ce village date de 1648, période où les hommes du petit peuple vivaient de peu.

Comme beaucoup de gens à cette époque, les Maraudes chapardaient de temps en temps pour survivre. En 1789, Honoré Maraudes prend fait et cause pour les révolutionnaires et lutte contre les Chouans, royalistes convaincus. Avec une bande de coquins, il sillonne les contrées aunissoises et saintongeaises, pillant allègrement. À partir de mi-1792, pro-Robespierre, mais surtout voleur, il accentue encore ses razzias chez les hobereaux. Sentant le vent tourner, pendant les six ans qui suivent, il fait profil bas et commence à acquérir quelques lopins de terre ainsi que des bovins de race limousine. Les habitants se posent toujours la même question :

— Où trouve-t’i cette avoène ?

Bien entendu, ils se doutent bien que les interventions des années précédentes chez les nantis lui ont permis de se remplir les chausses.

Malfrat 5La lutte contre l’absolutisme et la liberté de l’Homme ne font pas partie de ses aspirations. De 1789 à 1795, comme ses amis, il veut en découdre avec l’autorité seigneuriale et se venger de siècles de soumission et d’exploitation. Associé à Isidore et Toussaint, deux margoulins du même acabit, il tue, vole, et s’enrichit en puisant dans les coffres des châteaux et des maisons bourgeoises abandonnées. Bizarrement, après une opération musclée contre des noblaillons de Rochefort et de Saintes, il revient seul. Personne ne connaît les raisons de la subite disparition de ses deux acolytes. Honoré les a-t-il supprimés ou ont-ils péri au cours de cette expédition ? Le mystère demeure entier. Dans ces petites communes rurales, rien ne reste secret bien longtemps. Ses congénères apprennent que Maraudes, affublé maintenant du surnom de Volnoré, se rend régulièrement à La Rochelle pour y rencontrer un agent d’une banque commerçante. Installé sur une carriole conduite par un magnifique percheron de couleur fauve, il parcourt en deux heures les vingt-six kilomètres séparant les deux villes. Il rentre le soir, un peu éméché, mais content, la besace remplie de deux sols. Après 1800, les pièces de vingt et quarante francs en or les remplacent. Sans instruction, comme tous les manants de l’époque, Maraudes ne manque cependant pas de jugeote et refuse de transformer son magot en assignats. Bien lui en prend, car cette monnaie est abandonnée en 1795. Il puise régulièrement dans sa cassette, cachée dans un endroit très particulier. Suspicieuse, dès le début, son épouse Hortense le suit, et comprend les raisons du nettoyage à grande eau de ces précieuses pièces, mais elle ne dit mot.

Elle se promet qu’un jour, elle s’y servira. Il suffit de se montrer patiente et d’attendre le bon moment. Cela la vengera de ce margoulin qui n’hésite pas à la frapper quand il en a un petit coup dans le nez.

La fortune des Maraudes date donc de cette époque, au cours de laquelle Honoré achète, au fur et à mesure, la presque totalité des alentours. Fier de son cheptel composé de plusieurs dizaines d’ovins et de bovins, il attire bien entendu la convoitise et l’envie. Il démolit son ancienne maison en bois et construit une belle demeure en pierre de Crazannes, à deux étages avec grenier. Il n’en profite pas longtemps, car en 1807, on le retrouve mort, égorgé et noyé dans le chenal de Terre Noire. La gendarmerie nationale à cheval, qui remplace la maréchaussée depuis 1791, lance une enquête. Elle ne s’embarrasse pas de travail inutile, et classe l’affaire. Des bruits courent au sujet de l’implication de la femme et du fils, mais quant à le prouver ! Et puis, le voisinage commente cet acte de manière très explicite :

— Un cul salé d’moins, o’y’a qu’son zgueil qui fait pas zire sa fumelle.

En 1809, une tuberculose foudroyante emporte Hortense qui n’a pas le temps de révéler la cachette du trésor. L’ensemble de la famille entreprend de vastes recherches, mais se déclare vaincue. Le mystère demeure entier et la quête du magot hante toujours ses descendants.

Justin, l’aîné de la fratrie de huit enfants (cinq sont décédés en bas âge) assure la relève, et l’exploitation prospère. Imbu de lui-même et soucieux d’afficher son opulence, il ajoute une tourelle à la bâtisse ainsi que de nombreuses dépendances. En 1831, alcoolisé et très diminué, il meurt dans une prairie, embroché par la corne d’un bouc devenu fou. Les générations suivantes qui se sont lancées dans le maquignonnage continuent de s’enrichir, et ce, jusqu’au milieu du XXe siècle.

Louis Maraudes, né en 1943, dernier descendant mâle, n’a pas l’intention de marcher dans les pas de ses ancêtres. Passionné d’oiseaux, et malgré l’opposition des anciens, il entreprend des études d’ornithologie. En 1966, son diplôme obtenu, il réintègre le domaine et s’installe en qualité de guide, profession peu courante à cette époque. Jusque dans les années quatre-vingt-dix, ses revenus s’avèrent presque inexistants, mais les ressources de l’exploitation lui assurent un certain confort. En 1967, bénéficiant d’un report d’incorporation, il rejoint la base aérienne 721 de Rochefort pour y effectuer son service militaire. En 1969, il se marie avec Gisèle qui exerce le métier d’institutrice. Au grand dam des parents, elle décide de continuer de travailler. Chez les Maraudes-Volnoré, la femme demeure à la maison pour veiller sur le sexe dit supérieur. Le clan considère cette union comme une véritable catastrophe.

Au début de 1969, la grippe asiatique entraîne un million de morts dans le monde, les anciens n’en réchappent pas. Le couple ne les pleure pas longtemps et cache difficilement son soulagement. Enfin libres !

Quelques mois plus tard, la naissance de France les comble de joie. Dans la foulée, les prairies sont mises en fermage. Louis conserve une trentaine d’ovins et de bovins, simplement pour le plaisir de les regarder lors de ses promenades bucoliques. Les autres animaux sont confiés à des exploitants agricoles voisins. Chacun y trouve son compte.

Le fait de transférer la gestion de leurs biens à autrui les libère des contraintes, mais génère moins de revenus. Malgré la diminution de la richesse d’antan, les ressources leur assurent une vie sans problèmes financiers. Ils évoquent parfois le trésor enfoui, mais peu leur importe. Louis parcourt les marais pour admirer les aigrettes, bécasses, hérons, canards, bernaches, butors étoilés et des dizaines d’espèces différentes qui s’ébattent dans ces endroits. Il donne quelques conférences et guide des amateurs égarés. Gisèle continue d’enseigner tout en veillant sur l’éducation de leur fille, passionnée dès son plus jeune âge par la biologie et la technologie. L’informatique viendra plus tard.Malfrat 4​​​​​​​

Bulletin de souscription

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AMOUR, HAINE ET CRUSTACÉS

Couverture recto ahc

Marennes, Chaillevette, La Tremblade... tout un coin du littoral qu’apprécie Gérard Masselin, appelé à diriger les gendarmes locaux. 

Mais lorsqu’une sombre enquête va le contraindre à se remuer les méninges, dans le milieu de la pénéiculture, il n’imaginait pas que ses propres certitudes seraient mises en défaut... On aime, on trompe, on se lasse et l’on en vient à retrouver à tout prix sa liberté, quoi qu’elle coûte !

Cela n’est qu’affaire humaine, nous direz-vous... Mais alors, que viennent faire dans cette histoire ces crustacés si appréciés dans nos assiettes ? 

Parfois, l’homme est insensé... Car lorsque l’amour porté à la crevette est plus fort que celui attribué à l’être aimé, on se demande si le ciel ne tombe pas sur la tête... de gambas, bien évidemment !

Extrait du premier chapitre

CoupleheureuxÀ soixante-trois ans, Jacques décide de prendre sa retraite. Des rentes intéressantes, complétées par une pension confortable, lui assurent une existence sans problème. En effet, au décès de ses parents en 2009, il a hérité d’une demeure et d’un domaine de parcs à huîtres qu’il agrandit régulièrement. Depuis sa cessation d’activité, il achète des clayères alentour, de part et d’autre de la Seudre et surtout à Chaillevette.

Il affectionne cette commune, située au nord de la presqu’île d’Arvert. Son territoire constitué de marais salés s’étend sur de vastes superficies verdoyantes, ponctuées de haies de roseaux et de hautes herbes en constant mouvement. Les cours d’eau des Boisnards, l’Envie, Bel-Air et Chatressac, bordés de cabanes ostréicoles en planches goudronnées, surmontées de tuiles rouges, lui donnent l’impression de vivre dans un monde enchanté. Il adore cet endroit, qui lui rappelle ses vacances d’adolescent, ses balades à bicyclette avec son ami Claude, et ses copines qu’il honorait allégrement dans les joncs.

Dès qu’il prend sa retraite en 2011, et contre la volonté de sa femme, il s’installe au pays. Solange appréciait la vie parisienne, et venir en Charente-Maritime ne l’enthousiasme pas. Mais pour lui, la décision ne fait l’objet d’aucune discussion. Leur histoire continue, un peu trop tranquillement pour elle qui joue à la pimbêche, et sereinement pour lui, ravi de retrouver ses racines.Couplebrise

Après le décès de ses parents, Jacques a procédé à d’importants travaux de rénovation dans la maison familiale, située au centre des marais qui sentent bon les embruns. Sollicité à plusieurs reprises pour rejoindre l’équipe municipale, il a toujours refusé cet engagement afin de préserver sa liberté de mouvement et de pensée. Son franc-parler constitue en effet un certain handicap pour exercer des fonctions à caractère politique.Gamba

Qualifié d’homme dynamique, il se consacre à l’élevage des crevettes royales, dont les « bébés » prospèrent dans des conditions optimales. Les anciens marais salants, reliés à la mer par un dédale inextricable de canaux, bénéficient d’une eau à température constante supérieure à 15°, propice à l’aquaculture. Il insiste toujours sur la qualité de sa production, et sur le fait que ses gambas sont nourries naturellement, sans ajout de soja, blé, et farine de poisson. Il se forge rapidement une solide réputation, et s’enorgueillit d’une telle réussite !

Ses journées s’écoulent donc au gré de ses nombreuses occupations, surtout celles liées à l’agrandissement de son exploitation sur la commune de Chaillevette. Solange n’apprécie pas ces investissements, et ces acquisitions entraînent de violentes disputes, mais il tient bon. D’ailleurs, dès que l’occasion se présente, il ne manque pas de rappeler à sa chère épouse que tout lui appartient, et qu’elle ne vit que grâce à ses largesses.

LA PRESSE EN PARLE !

Littoral 2

À LIRE AU COIN DU FEU !

 

FEU DE TOUT BOIS


La vengeance d’une femme est toujours terrible... Mais lorsqu’il s’agit de trois protagonistes, imaginez l’enfer de celui qui en subit les conséquences ! Dans ce trio infernal, Jean est l’objet de toutes les attentions perfides, mais l’une en particulier pourrait lui être fatale !

Découvrez l’histoire de cet homme porté par son nombril qui n’a de cesse de faire des malheureux autour de lui... Ce sera à Gérard Masselin, lieutenant de gendarmerie, d’allumer l’ombre assassine pour que la vérité éclaire le chemin de la Justice !

EXTRAIT DU ROMAN

CHAPITRE 1

Jean était un homme heureux. Il vivait dans un bourg de Charente-Maritime, plus particulièrement en Saintonge, et rien ni personne n’aurait pu le persuader de changer de région. Pour lui, une nouvelle vie en Espagne ou au Portugal n’était pas prévue au programme. Il dirigeait d’une main de fer une entreprise de menuiserie de cinquante-cinq employés et, depuis ces dernières années, il s’était introduit dans les milieux ouverts aux marchés publics. Il n’était pas né philanthrope et s’enorgueillissait de ce trait de caractère qu’il tenait, aux dires de sa mère, d’un de ses aïeux, réputé pour son côté mercantile. Depuis son élection en qualité de président de l’organisation patronale de l’arrondissement, il participait à bon nombre de manifestations et commençait à s’intégrer dans la petite bourgeoisie locale.  

Lorsqu’il se penchait sur son existence, ses pensées se portaient en premier lieu sur son entreprise. Venaient ensuite sa femme Gisèle, sa fille Justine et son chien Roquet. Donc, rien d’exceptionnel, si ce n’est un réel égoïsme, mais il en assumait les conséquences. Il n’ignorait pas que les deux donzelles le qualifiaient de narcissique, d’égocentrique et de prétentieux, mais qu’importe, il aimait plaire et pérorer. Ses relations d’affaires jouaient les hypocrites en le gratifiant de sourires alors qu’elles ne se gênaient pas pour le critiquer. Doté d’une ouïe particulièrement bien développée, il les entendait marmonner :
— Il oublie d’où il sort, celui-là ! Son père était vidangeur…

« Quels sournois ! Tous des faux-culs ! » pensait-il, tout en espérant qu’un jour, il pourrait les arnaquer. 

Il avait intégré l’entreprise à l’âge de seize ans pour y effectuer son apprentissage et ne l’avait plus quittée. Gisèle, la fille du patron d’alors, venait de fêter ses dix-huit printemps. Sans être particulièrement jolie, elle arborait un minois agréable, des formes généreuses et, surtout, s’avérait comme un parti fort intéressant. Il avait compris très tôt que l’argent faisait tourner le monde, et que ce n’était pas en restant simple ouvrier qu’il pourrait mener la vie dont il rêvait. Celle de ses parents était d’une désespérante tristesse et il voulait, à n’importe quel prix, échapper à cette médiocrité. Son père travaillait comme vianus, et dès qu’il franchissait la porte, la famille devait supporter ses relents puants. Ce n’était pas un adepte farouche des douches, et les désagréments olfactifs intégraient leur quotidien. Afin d’arrondir les fins de mois, sa mère, sans formation professionnelle, effectuait bon nombre d’heures de ménage. Ils occupaient une maisonnette au cœur d’un village situé aux Essards, à proximité immédiate de deux fermes où l’ensilage des terres rendait l’air irrespirable. Bien que modeste, leur habitation était dotée du confort minimal avec l’électricité, l’eau chaude, le chauffage central et le téléphone. 

Fils unique, il avait fréquenté l’école primaire puis le collège. C’était un élève au quotient intellectuel moyen et, une fois son brevet obtenu, son professeur principal lui avait suggéré d’opter pour un métier. 

Un des employeurs de sa mère dirigeait une menuiserie à Romegoux, et c’est de cette manière qu’il s’introduisit dans la famille Rouquin.

Sa morphologie assez imposante pour un garçon de son âge, ses yeux verts et ses cheveux bouclés châtains, lui valaient déjà les attentions du sexe féminin. Gisèle, de deux ans sa cadette le regardait en douce sans oser s’en approcher. Il est vrai que ses parents veillaient sur sa vertu et ne voyaient pas l’intérêt d’une idylle avec un jeune, juste sorti de l’adolescence, sans réelle instruction et surtout sans benace. Il faut rappeler qu’à l’époque, malgré l’évolution de la société, les idées ancestrales liées à la possession de biens restaient toujours ancrées, surtout en milieu rural. En réfléchissant bien, cela n’a guère changé !   

Même s’il n’avait pas eu le choix, il aimait travailler le bois, matériau noble par excellence avec l’avantage de ne pas dégager de mauvaises odeurs. Il préparait un CAP « menuiserie fabricant » et partageait son temps entre la pratique, et la théorie au lycée technique. Son salaire d’alors s’élevait à huit cent trente francs, une somme non négligeable que ses parents avaient accepté de lui laisser en totalité tout en lui faisant observer que d’être logé et nourri représentait pour lui une sérieuse économie. C’est donc fou de joie qu’il utilisât ses premières payes pour l’acquisition d’un scooter. À partir de ce moment-là, terminé la bicyclette, les séances de pleurnicherie auprès de son père pour qu’il l’emmène dans un endroit et les attentes interminables dans les abris-bus. Il sillonnait allègrement les routes de la région pour retrouver ses amis (es). Comme tous les jeunes de son âge, il fréquentait les boîtes de nuit, les cinémas et les cafés, mais restait attentif quant à la consommation d’alcool. Il conservait en mémoire la réaction de son « vieux » lorsqu’un soir, ayant abusé de la bière, il était rentré à la maison, l’œil éteint et la démarche hésitante.
— Tu vois ce gourdin, c’est du chêne, du solide. La prochaine fois que je te trouverai dans cet état-là, je t’assommerai.

Il l’avait ensuite emmené dans la salle de bains et l’avait plongé tout habillé dans la baignoire en lui maintenant la tête sous l’eau. Heureusement, la mère était intervenue pour mettre fin à cette punition mémorable.

À dix-huit ans, son examen en poche, et faute d’avoir obtenu l’assentiment de ses parents, il renonça au baccalauréat professionnel. Son père lui avait fait observer que c’était un investissement inutile en lui précisant :
— Si tu sais mener ta barque, tu t’en sortiras tout seul. Pas nécessaire d’user tes chulottes sur les bancs de l’école ! 

Huit jours après cet entretien familial, le patron de la menuiserie, Jules Rouquin l’avait convoqué, et il se souvenait encore des termes de son rendez-vous. 
— Mon gars, tu viens de terminer ton apprentissage. Comme tout s’est bien passé et que j’ai besoin de personnel, je peux t’embaucher en qualité d’ouvrier d’exécution. Si tu acceptes, pour le salaire, tu verras avec la secrétaire-comptable.

Jean avait donné son accord, trop heureux de trouver un travail aussi rapidement.

***

 

PRÉSENTATION DU ROMAN

ESCAPADES FATALES

de Saintonge en Alsace

Une cigogne d’Alsace sur le rebord d’un puits charentais... 
Belle métaphore pour amener le lecteur sur les traces d’un individu qui ne s’embarrasse pas des petits soucis de la vie...
Le lieutenant Masselin, héros récurrent des précédents romans policiers de Jannick Weber-Denéchaud, aura beaucoup à faire pour démêler cette affaire dont chaque protagoniste est tout, sauf innocent !

Couverture recto escapades fatales

Extrait

Chapitre I

(extrait)

En ce samedi de janvier 2013, Alicia était allongée sur son canapé et suivait avec intérêt une émission télévisée consacrée aux animaux. Un rayon de soleil qui, au passage, affleurait ses cheveux, la contraignait à cligner des yeux pour atténuer la gêne qu’il lui occasionnait. La semaine écoulée lui avait donné des ailes et elle semblait imprégnée d’une douce sensation euphorique. En temps ordinaire, elle aurait déjà téléphoné plusieurs fois à ses deux amies, mais là, c’était impossible. 
Elles se connaissaient depuis le cours préparatoire et avaient fréquenté les mêmes établissements scolaires. Leurs cursus universitaires respectifs étaient à peu près identiques. Prénommées respectivement Albane, Agathe et Alicia, elles s'étaient tout naturellement affublées du sobriquet « les trois A ». Les disputes et les brouilles ne faisaient pas partie de leur quotidien. À sept ans, elles avaient déclaré, après s’être coupé le petit doigt en signe de serment de sang, « une pour trois et trois pour une - quoi qu’il nous en coûte, nous serons toujours unies ». À dix-huit ans, elles avaient renouvelé cette promesse. 
Des divergences de toute nature auraient pu surgir au fil du temps, mais les filles se complétaient divinement. L’attrait pour le sexe masculin ne les avait jamais séparées et, là encore, Dieu, s’il existe, les avait protégées de toute tentation inappropriée. Albane l'aînée n'appréciait que les bruns aux yeux noirs qui l’emportaient en rêve vers l’Andalousie, où elle s’imagi-nait virevolter dans les bras d’un danseur de flamenco. 
Agathe, quant à elle, fondait littéralement pour les rouquins. Elle avait coutume de dire que leurs micros taches étaient des soleils miniatures et que leurs tignasses flamboyantes ressemblaient aux flammèches d’un bûcher. Alicia n'aimait que les blonds à la pupille bleutée. L’or de leurs chevelures la comblait d’aise et en se plongeant dans leurs regards, elle avait l’impression de se noyer dans une mer d’azur. À vingt-huit ans et malgré de nombreuses aventures plus ou moins intéressantes, aucune d’elles n’avait trouvé chaussure à son pied et elles restaient célibataires. Bien que n’y croyant guère, elles attendaient le prince charmant qui, malheureusement, n’était pas encore venu… jusqu’au lundi précédent. 
Après une licence en Ingénierie du Patrimoine immobilier, Alicia avait trouvé assez facilement un emploi au sein d’un Syndicat de copropriété à Rochefort. Au bout de deux ans, la direction lui proposa la responsabilité de la gestion de plusieurs divisions condominium, réparties sur le littoral charentais et le pays Rochefortais. Ce faisant, elle jouissait d’une certaine liberté pour l’organisation de son travail et en profitait largement. 
Elle déjeunait souvent dans les restaurants côtiers pour déguster avec béatitude les saveurs enchanteresses de la cuisine locale. 
Le lundi précédent, la rencontre avec plusieurs propriétaires d’une résidence située à Châtelaillon la conduisit, à l’heure méridienne, vers l’enseigne du Saint-Victor, un havre de paix où elle put goûter avec félicité la chaude ambiance du lieu. Grande et svelte, elle n’éprouvait nul besoin de se nourrir uniquement de salades. Elle préférait se délecter de fruits de mer et de céteaux. Une jeune femme non accompagnée attire invariablement l’attention et, à cette époque de l’année, peu de tables étaient occupées. 
En attendant le serveur, elle jeta un coup d’œil sur les convives présents dans la salle, puis se plongea dans la lecture des messages reçus sur son mobile. Mis à part un rendez-vous annulé, une demande de renseignements sur les travaux dans une résidence et une publicité, Alicia n’enregistra rien de particulier. Son attention se relâcha, et en relevant la tête, son regard croisa celui d’un homme assis à la table voisine. Elle eut la vision soudaine et furtive d'une chevelure dorée et d’un sourire magnifique. Il l’observait avec une telle intensité qu’elle sentit quelque chose de chaud s’ouvrir et éclore avec violence au plus profond de son être. Son cœur s’emballa sans qu’elle en contrôle les battements. 
Elle réalisa qu’elle devait se ressaisir, et ce, dans les plus brefs délais. Heureusement, le garçon de salle lui apporta son plat ; elle en profita pour faire diversion. Sauvée de cette vision surréaliste, elle resta le nez plongé dans son assiette en attendant le dessert. Les méandres de son subconscient l’entraînaient dans des rêveries tortueuses, dont elle avait bien du mal à se débarrasser. 
— Bonjour, vous permettez que je me joigne à vous pour le café ? 
Elle était tellement éloignée du monde actuel qu’elle sursauta assez violemment et observa son interlocuteur, sans doute d’un air ahuri, puisqu’il ajouta immédiatement : 
— Désolé de vous avoir effrayée ! 
— Non, non, ce n’est rien.
— Puis-je m’asseoir ?
— Je vous en prie ! 
Bien qu’un peu déstabilisée, la jeune femme prît conscience de l’état second dans lequel elle se trouvait. Elle osait à peine le regarder, retardant ainsi le moment où ses prunelles bleues pailletées de marron croiseraient les siennes. 
— Vous sembliez tellement inaccessible et lointaine que j’ai eu envie de vous ramener à la réalité !
— Oh, vous savez, j’ai l’habitude de déjeuner seule. J’en profite pour laisser mes pensées vagabonder.
Elle n’allait pas lui dire, tout de go, que sa simple apparition l’avait subjuguée. Elle devait conserver un minimum de décence et de maîtrise si elle ne voulait pas être classée parmi les aguicheuses. Elle décida cependant de le regarder droit dans les yeux et remarqua sa bouche aux lèvres gourmandes. Un sentiment de honte l'envahit, telle une écolière prise en flagrant délit de tricherie au cours d’un contrôle hebdomadaire. Elle sortit de sa torpeur lorsqu’il s’adressa de nouveau à elle : 
— Vous venez souvent dans ce restaurant ? 
— Oui, assez régulièrement. J’apprécie cet endroit. Assise bien au chaud derrière la fenêtre, j’admire le soleil qui darde ses rayons sur l’océan. C’est un véritable enchantement, surtout en janvier.
— Seriez-vous poétesse ? 
— Non, mais j’aime notre belle langue de Molière. 
Alicia détourna légèrement la tête afin qu’il ne s’aperçoive pas de la rougeur qui enflammait ses joues. Elle pesta intérieurement contre cette capacité physiologique du cœur qui, face à une forte émotion, peut s’arrêter brièvement pour repartir de plus belle et propulser le sang en force dans les artères en provoquant temporairement des colorations accentuées et incontrôlables du visage. 
Pour se donner une contenance, elle souleva lentement sa tasse à café avec la même excitation que celle d’un épicurien. Un long silence s’installa, bercé simplement par le ressac de l’océan dont le bruissement, par la fenêtre entrouverte, arrivait jusqu’à eux. Le serveur leur apporta la note et, comme dans un rêve, ils se dirigèrent ensemble vers la sortie. 
L’instant magique s’était estompé. L’homme prit l’initiative de se présenter : 
— Je m’appelle Georges-Marie Cuvillier. Je travaille dans une banque suisse à La Rochelle. Tenez, je vous laisse ma carte. Si vous avez besoin d’une aide financière, n’hésitez pas à me téléphoner. 
— Merci ! Si vous avez un problème de logement, prenez contact avec moi, lui répondit-elle sur un ton légèrement amusé. Vous demanderez simplement Alicia Van Bonrens. Je suis employée chez un syndic de copropriété. 
— Je vois que vous avez le sens de la répartie !
— C'est nécessaire si l’on ne veut pas être déstabilisée. Au revoir… Et à bientôt peut-être ? 

 

AMOUR TRAGIQUE EN PAYS ROCHEFORTAIS

         

ATTENTION : OUVRAGE ÉPUISÉ

Seule la version numérique est disponible. 
Coût : 9 euros - adresser un mail à l'éditeur : edilybris79@bbox.fr pour les modalités.

Rochefort est une commune chargée d’Histoire et d’histoires... Les gens du peuple ont leurs petits secrets... Aussi, lorsque Georges prend possession d’une petite maison au Vergeroux, il est loin de se douter qu’à défaut de planter un arbre, il va déterrer un drame vieux de plus soixante ans ! Pour le major Masselin et ses enquêteurs, la tâche sera dure et ingrate : mener une enquête jusqu’à découvrir les coupables et savoir qu’ils ne pourront pas être jugés, terrible cas de conscience qui les bouleverse au fur et à mesure du récit qu’ils entendent de la bouche de certains survivants !
          Plongez au coeur de cette aventure, pigmentée deci-delà d’anecdotes croustillantes du quotidien du gendarme, et lorsque vous prendrez la pelle au printemps, attention à ce que vous pourriez découvrir au fond du jardin !

Extrait : Amour tragique en pays rochefortais

Il aimait le travail bien fait et la présence de cet aménagement inutile l’agaçait. La pelle et la pioche entrèrent en action avec force et vigueur. Michel souhaitait conclure cette affaire dont la réalisation s’avérait plus compliquée et longue que prévu. Au bout d’une demi-heure, la terre enlevée laissa effectivement apparaître d’autres pavés. Y compris ceux déjà retirés, il en restait une certaine quantité qui semblait collée au sol argileux. Georges alla chercher une barre à mine et un burin qu’il tendit à Michel. Ce dernier se jeta à corps perdu dans ce qui, pour lui, devenait un problème personnel. Enfin, les premiers blocs restants se décollèrent de la terre et Michel jura à s’emporter le gosier.
— Tonnerre de Brest, qui est le chef ? s’écria-t-il.
— As ‘tu fini d’jucher d’mêm ? lui dit son père.
Les autres pierres taillées furent plus faciles à extraire et, fort satisfait de son travail, Michel s’apprêtait à remonter lorsque son pied s’enfonça. En le retirant, un morceau de toile en plastique s’accrocha à sa chaussure droite. Il se baissa et en aperçut un autre. Il tira vivement dessus, par simple curiosité. Il appela son père qui buvait tranquillement une bière en attendant la fin des opérations.
— Papa, viens voir, il y a encore un chien d’enterré, c’est un vrai cimetière, où je ne m’y connais pas !
Georges, un peu agacé, n’avait pas l’intention de jouer les fossoyeurs mais l’insistance de son fils l’obligea à descendre dans ce trou qui, au départ, ne mesurait que quarante centimètres de long et maintenant, atteignait près d’un mètre soixante. Il marmonna :
— Ces drôles, tous d’même, pouviant pas faire simple !
Même s’il avait conservé une bonne forme physique, sauter dans cette fosse ne l’enchantait pas et il prit certaines précautions, pour s’éviter une luxation. Il atterrit dans le fond en douceur et se retrouva collé au dos de Michel.
— On dirait une toile cirée, je vois des petites fleurs de différentes couleurs. Tirons dessus, on verra bien !
Au fur et à mesure, la nappe sortait de la terre et parfois se déchirait. Les deux hommes commençaient à suer et l’odeur de la terre humide leur collait à la peau.
— Eh bien dis donc, la bestiole était bien emballée, il y a encore une sorte de sac. Si ça continue, on va passer notre temps à larguer les cadavres de chiens dans les bois !
— Si on z’ou laissian ! suggéra Georges, peu enclin à recommencer le même manège que la veille, après tout, o fé ren !
Son fils ne semblait pas entendre et continuait de tirer sur la bâche en plastique et, subitement, il s’écria :
— P’pa, regarde ! …
— Quoi encore ? maugréa Georges.
— Une main !…
Et il se retourna pour vomir, laissant son père complètement éberlué. Quelques minutes s’écoulèrent avant que les hommes ne soient en mesure de reprendre leurs esprits.
— Faut sortir de là et appeler les flics ! déclara Michel.
— On n’a pas fini d’être enquiquinés ! répondit son père qui, subitement, retrouvait l’usage de la langue française.
Il n’avait effectivement pas tort. Après avoir ôté leurs équipements de jardiniers, les deux hommes rentrèrent dans la maison et s’accordèrent un moment de répit avant de téléphoner. Un petit Cognac leur redonnerait du courage ! Michel appela le 17 et expliqua brièvement la situation :
— Ne touchez plus à rien, on arrive ! fit son interlocuteur.
— Et le saule qui n’est toujours pas planté ! se plaignit Georges…

EXTRAIT DE MEURTRE EN SAINTONGE

 

La cueillette des champignons était toujours, pour lui, un moment privilégié. Il était près de la nature, il caressait leur peau délicate, il humait leur parfum. Dieu que c’était bon ! Mais, pour l’instant, que nenni ! Cette vieille expression négative lui fit penser à sa mère qui l’employait fréquemment. La pauvre, ses os ne lui faisaient plus mal depuis longtemps ! Tout cela était bien loin !
Afin d’estimer la distance qu’il lui restait encore à parcourir, Paul jeta un coup d’œil devant lui et distingua l’orée sud-est du bois. Son attention fut attirée par une tache de couleur bleue qui paraissait saugrenue dans cet univers boisé aux teintes olivâtres dominantes. C’était insolite mais il s’agissait vraisemblablement d’un sac en plastique  qui s’était envolé de l’exploitation agricole voisine ! Ces nouveaux agriculteurs, qui revendiquent l’appellation de chefs d’exploitation, en prenaient bien souvent à leur aise ! Il se reprocha de devenir grincheux ; après tout, il s’agissait de ses pairs ! Mis à part « le Toulardeau », Paul défendrait toujours les gens de sa corporation. C’était sans doute cette odeur épouvantable et la pluie incessante qui influaient sur son caractère. Il écarta les dernières branches avant d’atteindre la clairière sans avoir rencontré un quelconque animal mort… mais, peut-être avait-il pu se cacher dans les fourrés ? Cette forme bizarre de l’autre côté de la clairière, comme suspendue au seul grand chêne vert haut d’une quinzaine de mètres, l’intriguait. Et toujours cette odeur nauséabonde qui l’indisposait !
Avant de bifurquer sur sa gauche pour aller dans son coin secret ramasser ses « moussirons », il décida d’aller voir « cette chose » de plus près, pour en avoir le cœur net. Ses pas foulaient l’herbe bien verte et, au fur et à mesure qu’il avançait, il fut pris d’une sorte d’angoisse inexplicable. La forme ne bougeait pas alors qu’il y avait une légère brise, ce qui excluait une bâche, un morceau de plastique ou un chiffon. Et puis, à présent il en était certain, l’odeur provenait de cet endroit et il eut subitement un pressentiment, cette vague impression qui fait prévoir ce qui va arriver.
La pluie s’était enfin arrêtée et, subitement, ses yeux horrifiés s’arrêtèrent sur une forme qui, très vite, se révéla être celle d’un homme. L’idée qu’il pouvait s’agir d’une femme ne l’avait même pas effleuré bien qu’elles s’habillent maintenant en pantalon. La morphologie peut-être de l’individu ou, tout simplement, une sorte d’intuition ?
Quoi qu’il en soit, Paul resta un instant figé sur place, la bouche ouverte, les yeux exorbités, le cœur battant à cent à l’heure. Sans qu’il en ait vraiment conscience, il recula doucement, très doucement comme pour ne pas réveiller le mort,  fit volte face et se mit à courir comme un fou et ne s’aperçut même pas qu’il laissait tomber son sac. Il traversa à nouveau le bois Nair dans le sens inverse en ignorant le petit sentier. Il courait à perdre haleine et écartait machinalement les feuillus, sans prêter attention aux griffures que lui infligeaient les branches et les ronces. Son cerveau était vide. Il fallait simplement qu’il s’échappe de cet endroit, qu’il se débarrasse de cette odeur et de cette vision d’horreur.

MEURTRES EN SAINTONGE ou l'impossible descendance

 

ATTENTION : OUVRAGE ÉPUISÉ

Seule la version numérique est disponible. 
Coût : 9 euros - adresser un mail à l'éditeur : edilybris79@bbox.fr pour les modalités.

"Meurtres en Saintonge ou l'impossible descendance" s'inscrit dans une démarche régionale originale. L'enquête de gendarmerie est décortiquée de fond en comble, mettant l'accent sur les investigations précises et honorant ainsi le travail méticuleux mené par un personnage attachant, qui pourrait se rencontrer dans la vie de tous les jours.

Mais Jannick ne s'en tient pas qu'à l'intrigue romanesque. Elle évoque avec beaucoup de tact et de réalisme le caractère bien trempé des propriétaires terriens, du monde qui les entoure, des valeurs qui sont les leurs et qui, parfois, sont en décalage avec le monde sociétal.

Laissons place à Jean-Jacques Pécheux, rédacteur de la préface à découvrir intégralement dans le roman :

"Lorsque l’attachement aux racines et au terroir, associé à une imagination féconde, sort du bois pour nous servir tout un plateau d’émotions, on a envie de cesser de s’admirer béatement le nombril pour aller voir ce qui se passe ailleurs. Parce que, franchement, comment peut-on rester indifférent à la détresse des uns lorsque les autres se vautrent sans vergogne dans l’opulence en écrasant de leur méprisable hauteur un « petit monde » certes laborieux mais digne d’attention ? 

Il est des comportements qui ne sauraient trouver une quelconque justification dans la nécessité subjective de sauvegarder des acquis. Et lorsqu’ils s’expriment avec cette inhumanité induite par une incompréhension entre ayants-droits, nul ne saurait s’étonner des attitudes extrêmes que peuvent génèrer des situations inattendues. 

Au travers de cette saga prenante à plus d’un titre, Jannick Weber-Denéchaud restitue à la perfection le lourd climat de défiance, d’indifférence, de haine parfois, qui régit les interactions entre individus de mondes totalement opposés. Entre ces gens simples, voire frustrés, et ces seigneurs parvenus, rustres et implacables, dont elle dresse des portraits saisissants au fil de l’enquête conduite par un « patron » de gendarmerie locale, on est surpris de voir comment l’émotion parvient à s’insinuer et à s’imposer inlassablement sur le devant de la scène, dans toute sa sincérité, pour nous arracher des larmes du cœur et nous inviter à nous interroger sur les fondements de l’existence."

Date de dernière mise à jour : 02/06/2022