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L'édition, autrement  !...

 

PRÉSENTATION

Jannick WEBER-DENÉCHAUD : SES ROMANS POLICIERS

L'imagination fertile de Jannick nécessite de créer une page exclusive pour ses romans policiers. Si vous recherchez un titre dans cette collection, vous êtes au bon endroit !
Découvrez Meurtres en Saintonge, Amours tragiques en pays rochefortais, Escapades fatales de Saintonge en Alsace, et bien d'autres ! 
Attention : certains titres étant épuisés, rapprochez-vous d'Edi'lybris pour en obtenir une copie numérique ! Nous vous le ferons à moitié prix du neuf !

AMOUR, HAINE ET CRUSTACÉS

Couverture recto ahc

Marennes, Chaillevette, La Tremblade... tout un coin du littoral qu’apprécie Gérard Masselin, appelé à diriger les gendarmes locaux. 

Mais lorsqu’une sombre enquête va le contraindre à se remuer les méninges, dans le milieu de la pénéiculture, il n’imaginait pas que ses propres certitudes seraient mises en défaut... On aime, on trompe, on se lasse et l’on en vient à retrouver à tout prix sa liberté, quoi qu’elle coûte !

Cela n’est qu’affaire humaine, nous direz-vous... Mais alors, que viennent faire dans cette histoire ces crustacés si appréciés dans nos assiettes ? 

Parfois, l’homme est insensé... Car lorsque l’amour porté à la crevette est plus fort que celui attribué à l’être aimé, on se demande si le ciel ne tombe pas sur la tête... de gambas, bien évidemment !

Extrait du premier chapitre

CoupleheureuxÀ soixante-trois ans, Jacques décide de prendre sa retraite. Des rentes intéressantes, complétées par une pension confortable, lui assurent une existence sans problème. En effet, au décès de ses parents en 2009, il a hérité d’une demeure et d’un domaine de parcs à huîtres qu’il agrandit régulièrement. Depuis sa cessation d’activité, il achète des clayères alentour, de part et d’autre de la Seudre et surtout à Chaillevette.

Il affectionne cette commune, située au nord de la presqu’île d’Arvert. Son territoire constitué de marais salés s’étend sur de vastes superficies verdoyantes, ponctuées de haies de roseaux et de hautes herbes en constant mouvement. Les cours d’eau des Boisnards, l’Envie, Bel-Air et Chatressac, bordés de cabanes ostréicoles en planches goudronnées, surmontées de tuiles rouges, lui donnent l’impression de vivre dans un monde enchanté. Il adore cet endroit, qui lui rappelle ses vacances d’adolescent, ses balades à bicyclette avec son ami Claude, et ses copines qu’il honorait allégrement dans les joncs.

Dès qu’il prend sa retraite en 2011, et contre la volonté de sa femme, il s’installe au pays. Solange appréciait la vie parisienne, et venir en Charente-Maritime ne l’enthousiasme pas. Mais pour lui, la décision ne fait l’objet d’aucune discussion. Leur histoire continue, un peu trop tranquillement pour elle qui joue à la pimbêche, et sereinement pour lui, ravi de retrouver ses racines.Couplebrise

Après le décès de ses parents, Jacques a procédé à d’importants travaux de rénovation dans la maison familiale, située au centre des marais qui sentent bon les embruns. Sollicité à plusieurs reprises pour rejoindre l’équipe municipale, il a toujours refusé cet engagement afin de préserver sa liberté de mouvement et de pensée. Son franc-parler constitue en effet un certain handicap pour exercer des fonctions à caractère politique.Gamba

Qualifié d’homme dynamique, il se consacre à l’élevage des crevettes royales, dont les « bébés » prospèrent dans des conditions optimales. Les anciens marais salants, reliés à la mer par un dédale inextricable de canaux, bénéficient d’une eau à température constante supérieure à 15°, propice à l’aquaculture. Il insiste toujours sur la qualité de sa production, et sur le fait que ses gambas sont nourries naturellement, sans ajout de soja, blé, et farine de poisson. Il se forge rapidement une solide réputation, et s’enorgueillit d’une telle réussite !

Ses journées s’écoulent donc au gré de ses nombreuses occupations, surtout celles liées à l’agrandissement de son exploitation sur la commune de Chaillevette. Solange n’apprécie pas ces investissements, et ces acquisitions entraînent de violentes disputes, mais il tient bon. D’ailleurs, dès que l’occasion se présente, il ne manque pas de rappeler à sa chère épouse que tout lui appartient, et qu’elle ne vit que gr​​​​​​​âce à ses largesses.

Bulletin de souscription

Profitez de l'offre de lancement ! Jusqu'au premier juin 2021, le dernier roman policier de Jannick est à 14€ au lieu de 16€.

Vous profiterez d'un exemplaire numéroté, donc collector, et en prime vous sera dédicacé par l'auteure !

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Bulletin de souscription amour haine et crustacesBulletin de souscription amour haine et crustaces

LA PRESSE EN PARLE !

Littoral 2

À LIRE AU COIN DU FEU !

 

FEU DE TOUT BOIS


La vengeance d’une femme est toujours terrible... Mais lorsqu’il s’agit de trois protagonistes, imaginez l’enfer de celui qui en subit les conséquences ! Dans ce trio infernal, Jean est l’objet de toutes les attentions perfides, mais l’une en particulier pourrait lui être fatale !

Découvrez l’histoire de cet homme porté par son nombril qui n’a de cesse de faire des malheureux autour de lui... Ce sera à Gérard Masselin, lieutenant de gendarmerie, d’allumer l’ombre assassine pour que la vérité éclaire le chemin de la Justice !

EXTRAIT DU ROMAN

CHAPITRE 1

Jean était un homme heureux. Il vivait dans un bourg de Charente-Maritime, plus particulièrement en Saintonge, et rien ni personne n’aurait pu le persuader de changer de région. Pour lui, une nouvelle vie en Espagne ou au Portugal n’était pas prévue au programme. Il dirigeait d’une main de fer une entreprise de menuiserie de cinquante-cinq employés et, depuis ces dernières années, il s’était introduit dans les milieux ouverts aux marchés publics. Il n’était pas né philanthrope et s’enorgueillissait de ce trait de caractère qu’il tenait, aux dires de sa mère, d’un de ses aïeux, réputé pour son côté mercantile. Depuis son élection en qualité de président de l’organisation patronale de l’arrondissement, il participait à bon nombre de manifestations et commençait à s’intégrer dans la petite bourgeoisie locale.  

Lorsqu’il se penchait sur son existence, ses pensées se portaient en premier lieu sur son entreprise. Venaient ensuite sa femme Gisèle, sa fille Justine et son chien Roquet. Donc, rien d’exceptionnel, si ce n’est un réel égoïsme, mais il en assumait les conséquences. Il n’ignorait pas que les deux donzelles le qualifiaient de narcissique, d’égocentrique et de prétentieux, mais qu’importe, il aimait plaire et pérorer. Ses relations d’affaires jouaient les hypocrites en le gratifiant de sourires alors qu’elles ne se gênaient pas pour le critiquer. Doté d’une ouïe particulièrement bien développée, il les entendait marmonner :
— Il oublie d’où il sort, celui-là ! Son père était vidangeur…

« Quels sournois ! Tous des faux-culs ! » pensait-il, tout en espérant qu’un jour, il pourrait les arnaquer. 

Il avait intégré l’entreprise à l’âge de seize ans pour y effectuer son apprentissage et ne l’avait plus quittée. Gisèle, la fille du patron d’alors, venait de fêter ses dix-huit printemps. Sans être particulièrement jolie, elle arborait un minois agréable, des formes généreuses et, surtout, s’avérait comme un parti fort intéressant. Il avait compris très tôt que l’argent faisait tourner le monde, et que ce n’était pas en restant simple ouvrier qu’il pourrait mener la vie dont il rêvait. Celle de ses parents était d’une désespérante tristesse et il voulait, à n’importe quel prix, échapper à cette médiocrité. Son père travaillait comme vianus, et dès qu’il franchissait la porte, la famille devait supporter ses relents puants. Ce n’était pas un adepte farouche des douches, et les désagréments olfactifs intégraient leur quotidien. Afin d’arrondir les fins de mois, sa mère, sans formation professionnelle, effectuait bon nombre d’heures de ménage. Ils occupaient une maisonnette au cœur d’un village situé aux Essards, à proximité immédiate de deux fermes où l’ensilage des terres rendait l’air irrespirable. Bien que modeste, leur habitation était dotée du confort minimal avec l’électricité, l’eau chaude, le chauffage central et le téléphone. 

Fils unique, il avait fréquenté l’école primaire puis le collège. C’était un élève au quotient intellectuel moyen et, une fois son brevet obtenu, son professeur principal lui avait suggéré d’opter pour un métier. 

Un des employeurs de sa mère dirigeait une menuiserie à Romegoux, et c’est de cette manière qu’il s’introduisit dans la famille Rouquin.

Sa morphologie assez imposante pour un garçon de son âge, ses yeux verts et ses cheveux bouclés châtains, lui valaient déjà les attentions du sexe féminin. Gisèle, de deux ans sa cadette le regardait en douce sans oser s’en approcher. Il est vrai que ses parents veillaient sur sa vertu et ne voyaient pas l’intérêt d’une idylle avec un jeune, juste sorti de l’adolescence, sans réelle instruction et surtout sans benace. Il faut rappeler qu’à l’époque, malgré l’évolution de la société, les idées ancestrales liées à la possession de biens restaient toujours ancrées, surtout en milieu rural. En réfléchissant bien, cela n’a guère changé !   

Même s’il n’avait pas eu le choix, il aimait travailler le bois, matériau noble par excellence avec l’avantage de ne pas dégager de mauvaises odeurs. Il préparait un CAP « menuiserie fabricant » et partageait son temps entre la pratique, et la théorie au lycée technique. Son salaire d’alors s’élevait à huit cent trente francs, une somme non négligeable que ses parents avaient accepté de lui laisser en totalité tout en lui faisant observer que d’être logé et nourri représentait pour lui une sérieuse économie. C’est donc fou de joie qu’il utilisât ses premières payes pour l’acquisition d’un scooter. À partir de ce moment-là, terminé la bicyclette, les séances de pleurnicherie auprès de son père pour qu’il l’emmène dans un endroit et les attentes interminables dans les abris-bus. Il sillonnait allègrement les routes de la région pour retrouver ses amis (es). Comme tous les jeunes de son âge, il fréquentait les boîtes de nuit, les cinémas et les cafés, mais restait attentif quant à la consommation d’alcool. Il conservait en mémoire la réaction de son « vieux » lorsqu’un soir, ayant abusé de la bière, il était rentré à la maison, l’œil éteint et la démarche hésitante.
— Tu vois ce gourdin, c’est du chêne, du solide. La prochaine fois que je te trouverai dans cet état-là, je t’assommerai.

Il l’avait ensuite emmené dans la salle de bains et l’avait plongé tout habillé dans la baignoire en lui maintenant la tête sous l’eau. Heureusement, la mère était intervenue pour mettre fin à cette punition mémorable.

À dix-huit ans, son examen en poche, et faute d’avoir obtenu l’assentiment de ses parents, il renonça au baccalauréat professionnel. Son père lui avait fait observer que c’était un investissement inutile en lui précisant :
— Si tu sais mener ta barque, tu t’en sortiras tout seul. Pas nécessaire d’user tes chulottes sur les bancs de l’école ! 

Huit jours après cet entretien familial, le patron de la menuiserie, Jules Rouquin l’avait convoqué, et il se souvenait encore des termes de son rendez-vous. 
— Mon gars, tu viens de terminer ton apprentissage. Comme tout s’est bien passé et que j’ai besoin de personnel, je peux t’embaucher en qualité d’ouvrier d’exécution. Si tu acceptes, pour le salaire, tu verras avec la secrétaire-comptable.

Jean avait donné son accord, trop heureux de trouver un travail aussi rapidement.

***

 

PRÉSENTATION DU ROMAN

ESCAPADES FATALES

de Saintonge en Alsace

Une cigogne d’Alsace sur le rebord d’un puits charentais... 
Belle métaphore pour amener le lecteur sur les traces d’un individu qui ne s’embarrasse pas des petits soucis de la vie...
Le lieutenant Masselin, héros récurrent des précédents romans policiers de Jannick Weber-Denéchaud, aura beaucoup à faire pour démêler cette affaire dont chaque protagoniste est tout, sauf innocent !

Couverture recto escapades fatales

Extrait

Chapitre I

(extrait)

En ce samedi de janvier 2013, Alicia était allongée sur son canapé et suivait avec intérêt une émission télévisée consacrée aux animaux. Un rayon de soleil qui, au passage, affleurait ses cheveux, la contraignait à cligner des yeux pour atténuer la gêne qu’il lui occasionnait. La semaine écoulée lui avait donné des ailes et elle semblait imprégnée d’une douce sensation euphorique. En temps ordinaire, elle aurait déjà téléphoné plusieurs fois à ses deux amies, mais là, c’était impossible. 
Elles se connaissaient depuis le cours préparatoire et avaient fréquenté les mêmes établissements scolaires. Leurs cursus universitaires respectifs étaient à peu près identiques. Prénommées respectivement Albane, Agathe et Alicia, elles s'étaient tout naturellement affublées du sobriquet « les trois A ». Les disputes et les brouilles ne faisaient pas partie de leur quotidien. À sept ans, elles avaient déclaré, après s’être coupé le petit doigt en signe de serment de sang, « une pour trois et trois pour une - quoi qu’il nous en coûte, nous serons toujours unies ». À dix-huit ans, elles avaient renouvelé cette promesse. 
Des divergences de toute nature auraient pu surgir au fil du temps, mais les filles se complétaient divinement. L’attrait pour le sexe masculin ne les avait jamais séparées et, là encore, Dieu, s’il existe, les avait protégées de toute tentation inappropriée. Albane l'aînée n'appréciait que les bruns aux yeux noirs qui l’emportaient en rêve vers l’Andalousie, où elle s’imagi-nait virevolter dans les bras d’un danseur de flamenco. 
Agathe, quant à elle, fondait littéralement pour les rouquins. Elle avait coutume de dire que leurs micros taches étaient des soleils miniatures et que leurs tignasses flamboyantes ressemblaient aux flammèches d’un bûcher. Alicia n'aimait que les blonds à la pupille bleutée. L’or de leurs chevelures la comblait d’aise et en se plongeant dans leurs regards, elle avait l’impression de se noyer dans une mer d’azur. À vingt-huit ans et malgré de nombreuses aventures plus ou moins intéressantes, aucune d’elles n’avait trouvé chaussure à son pied et elles restaient célibataires. Bien que n’y croyant guère, elles attendaient le prince charmant qui, malheureusement, n’était pas encore venu… jusqu’au lundi précédent. 
Après une licence en Ingénierie du Patrimoine immobilier, Alicia avait trouvé assez facilement un emploi au sein d’un Syndicat de copropriété à Rochefort. Au bout de deux ans, la direction lui proposa la responsabilité de la gestion de plusieurs divisions condominium, réparties sur le littoral charentais et le pays Rochefortais. Ce faisant, elle jouissait d’une certaine liberté pour l’organisation de son travail et en profitait largement. 
Elle déjeunait souvent dans les restaurants côtiers pour déguster avec béatitude les saveurs enchanteresses de la cuisine locale. 
Le lundi précédent, la rencontre avec plusieurs propriétaires d’une résidence située à Châtelaillon la conduisit, à l’heure méridienne, vers l’enseigne du Saint-Victor, un havre de paix où elle put goûter avec félicité la chaude ambiance du lieu. Grande et svelte, elle n’éprouvait nul besoin de se nourrir uniquement de salades. Elle préférait se délecter de fruits de mer et de céteaux. Une jeune femme non accompagnée attire invariablement l’attention et, à cette époque de l’année, peu de tables étaient occupées. 
En attendant le serveur, elle jeta un coup d’œil sur les convives présents dans la salle, puis se plongea dans la lecture des messages reçus sur son mobile. Mis à part un rendez-vous annulé, une demande de renseignements sur les travaux dans une résidence et une publicité, Alicia n’enregistra rien de particulier. Son attention se relâcha, et en relevant la tête, son regard croisa celui d’un homme assis à la table voisine. Elle eut la vision soudaine et furtive d'une chevelure dorée et d’un sourire magnifique. Il l’observait avec une telle intensité qu’elle sentit quelque chose de chaud s’ouvrir et éclore avec violence au plus profond de son être. Son cœur s’emballa sans qu’elle en contrôle les battements. 
Elle réalisa qu’elle devait se ressaisir, et ce, dans les plus brefs délais. Heureusement, le garçon de salle lui apporta son plat ; elle en profita pour faire diversion. Sauvée de cette vision surréaliste, elle resta le nez plongé dans son assiette en attendant le dessert. Les méandres de son subconscient l’entraînaient dans des rêveries tortueuses, dont elle avait bien du mal à se débarrasser. 
— Bonjour, vous permettez que je me joigne à vous pour le café ? 
Elle était tellement éloignée du monde actuel qu’elle sursauta assez violemment et observa son interlocuteur, sans doute d’un air ahuri, puisqu’il ajouta immédiatement : 
— Désolé de vous avoir effrayée ! 
— Non, non, ce n’est rien.
— Puis-je m’asseoir ?
— Je vous en prie ! 
Bien qu’un peu déstabilisée, la jeune femme prît conscience de l’état second dans lequel elle se trouvait. Elle osait à peine le regarder, retardant ainsi le moment où ses prunelles bleues pailletées de marron croiseraient les siennes. 
— Vous sembliez tellement inaccessible et lointaine que j’ai eu envie de vous ramener à la réalité !
— Oh, vous savez, j’ai l’habitude de déjeuner seule. J’en profite pour laisser mes pensées vagabonder.
Elle n’allait pas lui dire, tout de go, que sa simple apparition l’avait subjuguée. Elle devait conserver un minimum de décence et de maîtrise si elle ne voulait pas être classée parmi les aguicheuses. Elle décida cependant de le regarder droit dans les yeux et remarqua sa bouche aux lèvres gourmandes. Un sentiment de honte l'envahit, telle une écolière prise en flagrant délit de tricherie au cours d’un contrôle hebdomadaire. Elle sortit de sa torpeur lorsqu’il s’adressa de nouveau à elle : 
— Vous venez souvent dans ce restaurant ? 
— Oui, assez régulièrement. J’apprécie cet endroit. Assise bien au chaud derrière la fenêtre, j’admire le soleil qui darde ses rayons sur l’océan. C’est un véritable enchantement, surtout en janvier.
— Seriez-vous poétesse ? 
— Non, mais j’aime notre belle langue de Molière. 
Alicia détourna légèrement la tête afin qu’il ne s’aperçoive pas de la rougeur qui enflammait ses joues. Elle pesta intérieurement contre cette capacité physiologique du cœur qui, face à une forte émotion, peut s’arrêter brièvement pour repartir de plus belle et propulser le sang en force dans les artères en provoquant temporairement des colorations accentuées et incontrôlables du visage. 
Pour se donner une contenance, elle souleva lentement sa tasse à café avec la même excitation que celle d’un épicurien. Un long silence s’installa, bercé simplement par le ressac de l’océan dont le bruissement, par la fenêtre entrouverte, arrivait jusqu’à eux. Le serveur leur apporta la note et, comme dans un rêve, ils se dirigèrent ensemble vers la sortie. 
L’instant magique s’était estompé. L’homme prit l’initiative de se présenter : 
— Je m’appelle Georges-Marie Cuvillier. Je travaille dans une banque suisse à La Rochelle. Tenez, je vous laisse ma carte. Si vous avez besoin d’une aide financière, n’hésitez pas à me téléphoner. 
— Merci ! Si vous avez un problème de logement, prenez contact avec moi, lui répondit-elle sur un ton légèrement amusé. Vous demanderez simplement Alicia Van Bonrens. Je suis employée chez un syndic de copropriété. 
— Je vois que vous avez le sens de la répartie !
— C'est nécessaire si l’on ne veut pas être déstabilisée. Au revoir… Et à bientôt peut-être ? 

 

AMOUR TRAGIQUE EN PAYS ROCHEFORTAIS

         

ATTENTION : OUVRAGE ÉPUISÉ

Seule la version numérique est disponible. 
Coût : 9 euros - adresser un mail à l'éditeur : edilybris79@bbox.fr pour les modalités.

Rochefort est une commune chargée d’Histoire et d’histoires... Les gens du peuple ont leurs petits secrets... Aussi, lorsque Georges prend possession d’une petite maison au Vergeroux, il est loin de se douter qu’à défaut de planter un arbre, il va déterrer un drame vieux de plus soixante ans ! Pour le major Masselin et ses enquêteurs, la tâche sera dure et ingrate : mener une enquête jusqu’à découvrir les coupables et savoir qu’ils ne pourront pas être jugés, terrible cas de conscience qui les bouleverse au fur et à mesure du récit qu’ils entendent de la bouche de certains survivants !
          Plongez au coeur de cette aventure, pigmentée deci-delà d’anecdotes croustillantes du quotidien du gendarme, et lorsque vous prendrez la pelle au printemps, attention à ce que vous pourriez découvrir au fond du jardin !

Extrait : Amour tragique en pays rochefortais

Il aimait le travail bien fait et la présence de cet aménagement inutile l’agaçait. La pelle et la pioche entrèrent en action avec force et vigueur. Michel souhaitait conclure cette affaire dont la réalisation s’avérait plus compliquée et longue que prévu. Au bout d’une demi-heure, la terre enlevée laissa effectivement apparaître d’autres pavés. Y compris ceux déjà retirés, il en restait une certaine quantité qui semblait collée au sol argileux. Georges alla chercher une barre à mine et un burin qu’il tendit à Michel. Ce dernier se jeta à corps perdu dans ce qui, pour lui, devenait un problème personnel. Enfin, les premiers blocs restants se décollèrent de la terre et Michel jura à s’emporter le gosier.
— Tonnerre de Brest, qui est le chef ? s’écria-t-il.
— As ‘tu fini d’jucher d’mêm ? lui dit son père.
Les autres pierres taillées furent plus faciles à extraire et, fort satisfait de son travail, Michel s’apprêtait à remonter lorsque son pied s’enfonça. En le retirant, un morceau de toile en plastique s’accrocha à sa chaussure droite. Il se baissa et en aperçut un autre. Il tira vivement dessus, par simple curiosité. Il appela son père qui buvait tranquillement une bière en attendant la fin des opérations.
— Papa, viens voir, il y a encore un chien d’enterré, c’est un vrai cimetière, où je ne m’y connais pas !
Georges, un peu agacé, n’avait pas l’intention de jouer les fossoyeurs mais l’insistance de son fils l’obligea à descendre dans ce trou qui, au départ, ne mesurait que quarante centimètres de long et maintenant, atteignait près d’un mètre soixante. Il marmonna :
— Ces drôles, tous d’même, pouviant pas faire simple !
Même s’il avait conservé une bonne forme physique, sauter dans cette fosse ne l’enchantait pas et il prit certaines précautions, pour s’éviter une luxation. Il atterrit dans le fond en douceur et se retrouva collé au dos de Michel.
— On dirait une toile cirée, je vois des petites fleurs de différentes couleurs. Tirons dessus, on verra bien !
Au fur et à mesure, la nappe sortait de la terre et parfois se déchirait. Les deux hommes commençaient à suer et l’odeur de la terre humide leur collait à la peau.
— Eh bien dis donc, la bestiole était bien emballée, il y a encore une sorte de sac. Si ça continue, on va passer notre temps à larguer les cadavres de chiens dans les bois !
— Si on z’ou laissian ! suggéra Georges, peu enclin à recommencer le même manège que la veille, après tout, o fé ren !
Son fils ne semblait pas entendre et continuait de tirer sur la bâche en plastique et, subitement, il s’écria :
— P’pa, regarde ! …
— Quoi encore ? maugréa Georges.
— Une main !…
Et il se retourna pour vomir, laissant son père complètement éberlué. Quelques minutes s’écoulèrent avant que les hommes ne soient en mesure de reprendre leurs esprits.
— Faut sortir de là et appeler les flics ! déclara Michel.
— On n’a pas fini d’être enquiquinés ! répondit son père qui, subitement, retrouvait l’usage de la langue française.
Il n’avait effectivement pas tort. Après avoir ôté leurs équipements de jardiniers, les deux hommes rentrèrent dans la maison et s’accordèrent un moment de répit avant de téléphoner. Un petit Cognac leur redonnerait du courage ! Michel appela le 17 et expliqua brièvement la situation :
— Ne touchez plus à rien, on arrive ! fit son interlocuteur.
— Et le saule qui n’est toujours pas planté ! se plaignit Georges…

EXTRAIT DE MEURTRE EN SAINTONGE

 

La cueillette des champignons était toujours, pour lui, un moment privilégié. Il était près de la nature, il caressait leur peau délicate, il humait leur parfum. Dieu que c’était bon ! Mais, pour l’instant, que nenni ! Cette vieille expression négative lui fit penser à sa mère qui l’employait fréquemment. La pauvre, ses os ne lui faisaient plus mal depuis longtemps ! Tout cela était bien loin !
Afin d’estimer la distance qu’il lui restait encore à parcourir, Paul jeta un coup d’œil devant lui et distingua l’orée sud-est du bois. Son attention fut attirée par une tache de couleur bleue qui paraissait saugrenue dans cet univers boisé aux teintes olivâtres dominantes. C’était insolite mais il s’agissait vraisemblablement d’un sac en plastique  qui s’était envolé de l’exploitation agricole voisine ! Ces nouveaux agriculteurs, qui revendiquent l’appellation de chefs d’exploitation, en prenaient bien souvent à leur aise ! Il se reprocha de devenir grincheux ; après tout, il s’agissait de ses pairs ! Mis à part « le Toulardeau », Paul défendrait toujours les gens de sa corporation. C’était sans doute cette odeur épouvantable et la pluie incessante qui influaient sur son caractère. Il écarta les dernières branches avant d’atteindre la clairière sans avoir rencontré un quelconque animal mort… mais, peut-être avait-il pu se cacher dans les fourrés ? Cette forme bizarre de l’autre côté de la clairière, comme suspendue au seul grand chêne vert haut d’une quinzaine de mètres, l’intriguait. Et toujours cette odeur nauséabonde qui l’indisposait !
Avant de bifurquer sur sa gauche pour aller dans son coin secret ramasser ses « moussirons », il décida d’aller voir « cette chose » de plus près, pour en avoir le cœur net. Ses pas foulaient l’herbe bien verte et, au fur et à mesure qu’il avançait, il fut pris d’une sorte d’angoisse inexplicable. La forme ne bougeait pas alors qu’il y avait une légère brise, ce qui excluait une bâche, un morceau de plastique ou un chiffon. Et puis, à présent il en était certain, l’odeur provenait de cet endroit et il eut subitement un pressentiment, cette vague impression qui fait prévoir ce qui va arriver.
La pluie s’était enfin arrêtée et, subitement, ses yeux horrifiés s’arrêtèrent sur une forme qui, très vite, se révéla être celle d’un homme. L’idée qu’il pouvait s’agir d’une femme ne l’avait même pas effleuré bien qu’elles s’habillent maintenant en pantalon. La morphologie peut-être de l’individu ou, tout simplement, une sorte d’intuition ?
Quoi qu’il en soit, Paul resta un instant figé sur place, la bouche ouverte, les yeux exorbités, le cœur battant à cent à l’heure. Sans qu’il en ait vraiment conscience, il recula doucement, très doucement comme pour ne pas réveiller le mort,  fit volte face et se mit à courir comme un fou et ne s’aperçut même pas qu’il laissait tomber son sac. Il traversa à nouveau le bois Nair dans le sens inverse en ignorant le petit sentier. Il courait à perdre haleine et écartait machinalement les feuillus, sans prêter attention aux griffures que lui infligeaient les branches et les ronces. Son cerveau était vide. Il fallait simplement qu’il s’échappe de cet endroit, qu’il se débarrasse de cette odeur et de cette vision d’horreur.

MEURTRES EN SAINTONGE ou l'impossible descendance

 

ATTENTION : OUVRAGE ÉPUISÉ

Seule la version numérique est disponible. 
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"Meurtres en Saintonge ou l'impossible descendance" s'inscrit dans une démarche régionale originale. L'enquête de gendarmerie est décortiquée de fond en comble, mettant l'accent sur les investigations précises et honorant ainsi le travail méticuleux mené par un personnage attachant, qui pourrait se rencontrer dans la vie de tous les jours.

Mais Jannick ne s'en tient pas qu'à l'intrigue romanesque. Elle évoque avec beaucoup de tact et de réalisme le caractère bien trempé des propriétaires terriens, du monde qui les entoure, des valeurs qui sont les leurs et qui, parfois, sont en décalage avec le monde sociétal.

Laissons place à Jean-Jacques Pécheux, rédacteur de la préface à découvrir intégralement dans le roman :

"Lorsque l’attachement aux racines et au terroir, associé à une imagination féconde, sort du bois pour nous servir tout un plateau d’émotions, on a envie de cesser de s’admirer béatement le nombril pour aller voir ce qui se passe ailleurs. Parce que, franchement, comment peut-on rester indifférent à la détresse des uns lorsque les autres se vautrent sans vergogne dans l’opulence en écrasant de leur méprisable hauteur un « petit monde » certes laborieux mais digne d’attention ? 

Il est des comportements qui ne sauraient trouver une quelconque justification dans la nécessité subjective de sauvegarder des acquis. Et lorsqu’ils s’expriment avec cette inhumanité induite par une incompréhension entre ayants-droits, nul ne saurait s’étonner des attitudes extrêmes que peuvent génèrer des situations inattendues. 

Au travers de cette saga prenante à plus d’un titre, Jannick Weber-Denéchaud restitue à la perfection le lourd climat de défiance, d’indifférence, de haine parfois, qui régit les interactions entre individus de mondes totalement opposés. Entre ces gens simples, voire frustrés, et ces seigneurs parvenus, rustres et implacables, dont elle dresse des portraits saisissants au fil de l’enquête conduite par un « patron » de gendarmerie locale, on est surpris de voir comment l’émotion parvient à s’insinuer et à s’imposer inlassablement sur le devant de la scène, dans toute sa sincérité, pour nous arracher des larmes du cœur et nous inviter à nous interroger sur les fondements de l’existence."

Date de dernière mise à jour : 30/05/2021