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L'édition, autrement  !...

 

Jannick WEBER-DENÉCHAUD : AUTEUR SAINTONGEAISE

PRÉSENTATION

Jannick WEBER-DENÉCHAUD

L'auteure saintongeaise vit à Saint-Porchaire en Charente Maritime.  Secrétaire Générale de Mairie en retraite, atteinte d’une dégénérescence de la rétine, elle  consacre son temps à l’écriture (avec un matériel adapté) et à l’enregistrement audio de livres pour la Bibliothèque Sonore Départementale.

Vice-présidente de l'association Edi'lybris, elle s'attache à faire connaitre au plus grand nombre les avantages proposés par Edi'lybris.

NOUVEAU PROJET DE PUBLICATION

 

FEU DE TOUT BOIS


La vengeance d’une femme est toujours terrible... Mais lorsqu’il s’agit de trois protagonistes, imaginez l’enfer de celui qui en subit les conséquences ! Dans ce trio infernal, Jean est l’objet de toutes les attentions perfides, mais l’une en particulier pourrait lui être fatale !

Découvrez l’histoire de cet homme porté par son nombril qui n’a de cesse de faire des malheureux autour de lui... Ce sera à Gérard Masselin, lieutenant de gendarmerie, d’allumer l’ombre assassine pour que la vérité éclaire le chemin de la Justice !

EXTRAIT DU ROMAN

Ci-contre, le bulletin de souscription pour vous permettre de réserver votre exemplaire et de bénéficier du prix de lancement. 

Voici le premier chapitre : 

CHAPITRE 1

Jean était un homme heureux. Il vivait dans un bourg de Charente-Maritime, plus particulièrement en Saintonge, et rien ni personne n’aurait pu le persuader de changer de région. Pour lui, une nouvelle vie en Espagne ou au Portugal n’était pas prévue au programme. Il dirigeait d’une main de fer une entreprise de menuiserie de cinquante-cinq employés et, depuis ces dernières années, il s’était introduit dans les milieux ouverts aux marchés publics. Il n’était pas né philanthrope et s’enorgueillissait de ce trait de caractère qu’il tenait, aux dires de sa mère, d’un de ses aïeux, réputé pour son côté mercantile. Depuis son élection en qualité de président de l’organisation patronale de l’arrondissement, il participait à bon nombre de manifestations et commençait à s’intégrer dans la petite bourgeoisie locale.  

Lorsqu’il se penchait sur son existence, ses pensées se portaient en premier lieu sur son entreprise. Venaient ensuite sa femme Gisèle, sa fille Justine et son chien Roquet. Donc, rien d’exceptionnel, si ce n’est un réel égoïsme, mais il en assumait les conséquences. Il n’ignorait pas que les deux donzelles le qualifiaient de narcissique, d’égocentrique et de prétentieux, mais qu’importe, il aimait plaire et pérorer. Ses relations d’affaires jouaient les hypocrites en le gratifiant de sourires alors qu’elles ne se gênaient pas pour le critiquer. Doté d’une ouïe particulièrement bien développée, il les entendait marmonner :
— Il oublie d’où il sort, celui-là ! Son père était vidangeur…

« Quels sournois ! Tous des faux-culs ! » pensait-il, tout en espérant qu’un jour, il pourrait les arnaquer. 

Il avait intégré l’entreprise à l’âge de seize ans pour y effectuer son apprentissage et ne l’avait plus quittée. Gisèle, la fille du patron d’alors, venait de fêter ses dix-huit printemps. Sans être particulièrement jolie, elle arborait un minois agréable, des formes généreuses et, surtout, s’avérait comme un parti fort intéressant. Il avait compris très tôt que l’argent faisait tourner le monde, et que ce n’était pas en restant simple ouvrier qu’il pourrait mener la vie dont il rêvait. Celle de ses parents était d’une désespérante tristesse et il voulait, à n’importe quel prix, échapper à cette médiocrité. Son père travaillait comme vianus, et dès qu’il franchissait la porte, la famille devait supporter ses relents puants. Ce n’était pas un adepte farouche des douches, et les désagréments olfactifs intégraient leur quotidien. Afin d’arrondir les fins de mois, sa mère, sans formation professionnelle, effectuait bon nombre d’heures de ménage. Ils occupaient une maisonnette au cœur d’un village situé aux Essards, à proximité immédiate de deux fermes où l’ensilage des terres rendait l’air irrespirable. Bien que modeste, leur habitation était dotée du confort minimal avec l’électricité, l’eau chaude, le chauffage central et le téléphone. 

Fils unique, il avait fréquenté l’école primaire puis le collège. C’était un élève au quotient intellectuel moyen et, une fois son brevet obtenu, son professeur principal lui avait suggéré d’opter pour un métier. 

Un des employeurs de sa mère dirigeait une menuiserie à Romegoux, et c’est de cette manière qu’il s’introduisit dans la famille Rouquin.

Sa morphologie assez imposante pour un garçon de son âge, ses yeux verts et ses cheveux bouclés châtains, lui valaient déjà les attentions du sexe féminin. Gisèle, de deux ans sa cadette le regardait en douce sans oser s’en approcher. Il est vrai que ses parents veillaient sur sa vertu et ne voyaient pas l’intérêt d’une idylle avec un jeune, juste sorti de l’adolescence, sans réelle instruction et surtout sans benace. Il faut rappeler qu’à l’époque, malgré l’évolution de la société, les idées ancestrales liées à la possession de biens restaient toujours ancrées, surtout en milieu rural. En réfléchissant bien, cela n’a guère changé !   

Même s’il n’avait pas eu le choix, il aimait travailler le bois, matériau noble par excellence avec l’avantage de ne pas dégager de mauvaises odeurs. Il préparait un CAP « menuiserie fabricant » et partageait son temps entre la pratique, et la théorie au lycée technique. Son salaire d’alors s’élevait à huit cent trente francs, une somme non négligeable que ses parents avaient accepté de lui laisser en totalité tout en lui faisant observer que d’être logé et nourri représentait pour lui une sérieuse économie. C’est donc fou de joie qu’il utilisât ses premières payes pour l’acquisition d’un scooter. À partir de ce moment-là, terminé la bicyclette, les séances de pleurnicherie auprès de son père pour qu’il l’emmène dans un endroit et les attentes interminables dans les abris-bus. Il sillonnait allègrement les routes de la région pour retrouver ses amis (es). Comme tous les jeunes de son âge, il fréquentait les boîtes de nuit, les cinémas et les cafés, mais restait attentif quant à la consommation d’alcool. Il conservait en mémoire la réaction de son « vieux » lorsqu’un soir, ayant abusé de la bière, il était rentré à la maison, l’œil éteint et la démarche hésitante.
— Tu vois ce gourdin, c’est du chêne, du solide. La prochaine fois que je te trouverai dans cet état-là, je t’assommerai.

Il l’avait ensuite emmené dans la salle de bains et l’avait plongé tout habillé dans la baignoire en lui maintenant la tête sous l’eau. Heureusement, la mère était intervenue pour mettre fin à cette punition mémorable.

À dix-huit ans, son examen en poche, et faute d’avoir obtenu l’assentiment de ses parents, il renonça au baccalauréat professionnel. Son père lui avait fait observer que c’était un investissement inutile en lui précisant :
— Si tu sais mener ta barque, tu t’en sortiras tout seul. Pas nécessaire d’user tes chulottes sur les bancs de l’école ! 

Huit jours après cet entretien familial, le patron de la menuiserie, Jules Rouquin l’avait convoqué, et il se souvenait encore des termes de son rendez-vous. 
— Mon gars, tu viens de terminer ton apprentissage. Comme tout s’est bien passé et que j’ai besoin de personnel, je peux t’embaucher en qualité d’ouvrier d’exécution. Si tu acceptes, pour le salaire, tu verras avec la secrétaire-comptable.

Jean avait donné son accord, trop heureux de trouver un travail aussi rapidement.

***

 

  • Nom du fichier : Bs feu de tout bois
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PRÉSENTATION DU ROMAN : ESCAPADES FATALES

ESCAPADES FATALES

de Saintonge en Alsace

 

Une cigogne d’Alsace sur le rebord d’un puits charentais... 
Belle métaphore pour amener le lecteur sur les traces d’un individu qui ne s’embarrasse pas des petits soucis de la vie...
Le lieutenant Masselin, héros récurrent des précédents romans policiers de Jannick Weber-Denéchaud, aura beaucoup à faire pour démêler cette affaire dont chaque protagoniste est tout, sauf innocent !

Couverture recto escapades fatales

Extrait

Chapitre I

(extrait)

En ce samedi de janvier 2013, Alicia était allongée sur son canapé et suivait avec intérêt une émission télévisée consacrée aux animaux. Un rayon de soleil qui, au passage, affleurait ses cheveux, la contraignait à cligner des yeux pour atténuer la gêne qu’il lui occasionnait. La semaine écoulée lui avait donné des ailes et elle semblait imprégnée d’une douce sensation euphorique. En temps ordinaire, elle aurait déjà téléphoné plusieurs fois à ses deux amies, mais là, c’était impossible. 
Elles se connaissaient depuis le cours préparatoire et avaient fréquenté les mêmes établissements scolaires. Leurs cursus universitaires respectifs étaient à peu près identiques. Prénommées respectivement Albane, Agathe et Alicia, elles s'étaient tout naturellement affublées du sobriquet « les trois A ». Les disputes et les brouilles ne faisaient pas partie de leur quotidien. À sept ans, elles avaient déclaré, après s’être coupé le petit doigt en signe de serment de sang, « une pour trois et trois pour une - quoi qu’il nous en coûte, nous serons toujours unies ». À dix-huit ans, elles avaient renouvelé cette promesse. 
Des divergences de toute nature auraient pu surgir au fil du temps, mais les filles se complétaient divinement. L’attrait pour le sexe masculin ne les avait jamais séparées et, là encore, Dieu, s’il existe, les avait protégées de toute tentation inappropriée. Albane l'aînée n'appréciait que les bruns aux yeux noirs qui l’emportaient en rêve vers l’Andalousie, où elle s’imagi-nait virevolter dans les bras d’un danseur de flamenco. 
Agathe, quant à elle, fondait littéralement pour les rouquins. Elle avait coutume de dire que leurs micros taches étaient des soleils miniatures et que leurs tignasses flamboyantes ressemblaient aux flammèches d’un bûcher. Alicia n'aimait que les blonds à la pupille bleutée. L’or de leurs chevelures la comblait d’aise et en se plongeant dans leurs regards, elle avait l’impression de se noyer dans une mer d’azur. À vingt-huit ans et malgré de nombreuses aventures plus ou moins intéressantes, aucune d’elles n’avait trouvé chaussure à son pied et elles restaient célibataires. Bien que n’y croyant guère, elles attendaient le prince charmant qui, malheureusement, n’était pas encore venu… jusqu’au lundi précédent. 
Après une licence en Ingénierie du Patrimoine immobilier, Alicia avait trouvé assez facilement un emploi au sein d’un Syndicat de copropriété à Rochefort. Au bout de deux ans, la direction lui proposa la responsabilité de la gestion de plusieurs divisions condominium, réparties sur le littoral charentais et le pays Rochefortais. Ce faisant, elle jouissait d’une certaine liberté pour l’organisation de son travail et en profitait largement. 
Elle déjeunait souvent dans les restaurants côtiers pour déguster avec béatitude les saveurs enchanteresses de la cuisine locale. 
Le lundi précédent, la rencontre avec plusieurs propriétaires d’une résidence située à Châtelaillon la conduisit, à l’heure méridienne, vers l’enseigne du Saint-Victor, un havre de paix où elle put goûter avec félicité la chaude ambiance du lieu. Grande et svelte, elle n’éprouvait nul besoin de se nourrir uniquement de salades. Elle préférait se délecter de fruits de mer et de céteaux. Une jeune femme non accompagnée attire invariablement l’attention et, à cette époque de l’année, peu de tables étaient occupées. 
En attendant le serveur, elle jeta un coup d’œil sur les convives présents dans la salle, puis se plongea dans la lecture des messages reçus sur son mobile. Mis à part un rendez-vous annulé, une demande de renseignements sur les travaux dans une résidence et une publicité, Alicia n’enregistra rien de particulier. Son attention se relâcha, et en relevant la tête, son regard croisa celui d’un homme assis à la table voisine. Elle eut la vision soudaine et furtive d'une chevelure dorée et d’un sourire magnifique. Il l’observait avec une telle intensité qu’elle sentit quelque chose de chaud s’ouvrir et éclore avec violence au plus profond de son être. Son cœur s’emballa sans qu’elle en contrôle les battements. 
Elle réalisa qu’elle devait se ressaisir, et ce, dans les plus brefs délais. Heureusement, le garçon de salle lui apporta son plat ; elle en profita pour faire diversion. Sauvée de cette vision surréaliste, elle resta le nez plongé dans son assiette en attendant le dessert. Les méandres de son subconscient l’entraînaient dans des rêveries tortueuses, dont elle avait bien du mal à se débarrasser. 
— Bonjour, vous permettez que je me joigne à vous pour le café ? 
Elle était tellement éloignée du monde actuel qu’elle sursauta assez violemment et observa son interlocuteur, sans doute d’un air ahuri, puisqu’il ajouta immédiatement : 
— Désolé de vous avoir effrayée ! 
— Non, non, ce n’est rien.
— Puis-je m’asseoir ?
— Je vous en prie ! 
Bien qu’un peu déstabilisée, la jeune femme prît conscience de l’état second dans lequel elle se trouvait. Elle osait à peine le regarder, retardant ainsi le moment où ses prunelles bleues pailletées de marron croiseraient les siennes. 
— Vous sembliez tellement inaccessible et lointaine que j’ai eu envie de vous ramener à la réalité !
— Oh, vous savez, j’ai l’habitude de déjeuner seule. J’en profite pour laisser mes pensées vagabonder.
Elle n’allait pas lui dire, tout de go, que sa simple apparition l’avait subjuguée. Elle devait conserver un minimum de décence et de maîtrise si elle ne voulait pas être classée parmi les aguicheuses. Elle décida cependant de le regarder droit dans les yeux et remarqua sa bouche aux lèvres gourmandes. Un sentiment de honte l'envahit, telle une écolière prise en flagrant délit de tricherie au cours d’un contrôle hebdomadaire. Elle sortit de sa torpeur lorsqu’il s’adressa de nouveau à elle : 
— Vous venez souvent dans ce restaurant ? 
— Oui, assez régulièrement. J’apprécie cet endroit. Assise bien au chaud derrière la fenêtre, j’admire le soleil qui darde ses rayons sur l’océan. C’est un véritable enchantement, surtout en janvier.
— Seriez-vous poétesse ? 
— Non, mais j’aime notre belle langue de Molière. 
Alicia détourna légèrement la tête afin qu’il ne s’aperçoive pas de la rougeur qui enflammait ses joues. Elle pesta intérieurement contre cette capacité physiologique du cœur qui, face à une forte émotion, peut s’arrêter brièvement pour repartir de plus belle et propulser le sang en force dans les artères en provoquant temporairement des colorations accentuées et incontrôlables du visage. 
Pour se donner une contenance, elle souleva lentement sa tasse à café avec la même excitation que celle d’un épicurien. Un long silence s’installa, bercé simplement par le ressac de l’océan dont le bruissement, par la fenêtre entrouverte, arrivait jusqu’à eux. Le serveur leur apporta la note et, comme dans un rêve, ils se dirigèrent ensemble vers la sortie. 
L’instant magique s’était estompé. L’homme prit l’initiative de se présenter : 
— Je m’appelle Georges-Marie Cuvillier. Je travaille dans une banque suisse à La Rochelle. Tenez, je vous laisse ma carte. Si vous avez besoin d’une aide financière, n’hésitez pas à me téléphoner. 
— Merci ! Si vous avez un problème de logement, prenez contact avec moi, lui répondit-elle sur un ton légèrement amusé. Vous demanderez simplement Alicia Van Bonrens. Je suis employée chez un syndic de copropriété. 
— Je vois que vous avez le sens de la répartie !
— C'est nécessaire si l’on ne veut pas être déstabilisée. Au revoir… Et à bientôt peut-être ? 

 

JAMBA, chien guide de la race des Seigneurs

JAMBA

Chien guide de la race des Seigneurs

Jannick et jamba pour site

Dans la présentation de l'auteure, il est évoqué la dégénérescence rétinienne dont Jannick Weber-Denéchaud est atteinte. Ses difficultés pour voir l'ont amenée à se rapprocher d'une école de chiens-guides pour mal ou non-voyants. Il lui a été attribué une chienne flat-coated, afin de répondre à ses besoins.

JAMBA, chien-guide de la race des Seigneurs, raconte, de la naissance à aujourd'hui, le parcours de cette aventure extra-ordinaire vécue par l'animal et sa maîtresse.

En avant-première, voici le premier chapitre. 

Le livre vous intéresse ? N'hésitez pas à imprimer le bon de commande et à bénéficier de la réduction consentie pendant la période de souscription ! Attention : le module Paypal n'est pas opérant actuellement, il faut passer par la bonne vieille méthode de l'impression et de l'envoi par courrier du bon accompagné du règlement.

Nota : les frais de port ont encore été augmentés par la Poste  ;  or, nous avons décidé de maintenir le coût de l'an passé, soit 3,90€ l'envoi d'un exemplaire. Profitez en !

extrait

Quatrième de couverture :
Cela vous dirait d’entendre dix fois par jour « arrête de trainer dans mes pattes » ? Je sais bien que ce n’est pas recommandé, mais dans mon cas, ça devient salutaire ! En effet, je prête mes yeux à ma maîtresse et je la conduis là où elle le désire en la sécurisant le plus possible... Mais avant d’en arriver là, il m’en a fallu du chemin ! Je vous propose d’en faire un bout avec moi, tout en découvrant mon existence de chienne destinée à aider les personnes mal-voyantes ou aveugles... Plongez dans mon intimité timide et dévouée, vous craquerez, à coup sûr !

Couverture recto jamba pour internet

CHAPITRE 1

La Genèse

Vous ne me connaissez pas encore, et pour cause ! J’insiste sur le mot « encore » car, en effet, je ne suis pas née. Je n’en suis même pas au stade de la rencontre du spermatozoïde et de l’ovule, alors vous pensez ! …
Je vais oser vous livrer en avant-première ma future vie en commençant par vous confier le nom qui m’est prédestiné : « JAMBA ». Ma maîtresse dira, un jour : « c’est « une jambe avec un A ».
Avant de devenir l’être exceptionnel que je suis, il m’est arrivé des aventures originales. Je vous assure, tout n’a pas été un long fleuve tranquille.
Pour autant, tout a commencé par une vague sensation cotonneuse comparable à des nuages blancs traversés régulièrement par un rayon lumineux. J’avais l’impression de flirter avec les étoiles, la lune, le soleil… bref, je ne sais plus trop ! 
Dans la douceur tiède du milieu ambiant et le calme régnant, j’espérai que cette situation angélique perdurerait mais non.
Il est un fait que je suis encore immatérielle puisque pas encore une cellule. Je suis donc censée n’être rien… ou pas encore quelque chose ! Cependant, j’ai l’impression de faire exception à la règle, car je suis déjà dotée de la pensée !
En ce moment, je saute, cours et esquive des écueils placés sur mon chemin. On veut m’agripper mais c’est peut-être une vue de mon esprit ? Si l’on me harponne autant que cela soit agréable.
Gloups, ça y est mais, quelle surprise, je ne suis pas toute seule ! 
Je me tapis dans un coin et constate que je suis dans un immense tunnel, entourée de millions de bidules qui s’activent, se chamaillent et me bousculent, comme s’ils voulaient prendre ma place. Je les laisse faire et j’attends mon heure. Pour m’occuper, je me lance dans le travail titanesque de recenser tous ces fous. Finalement, après m’être trompée plusieurs fois, avoir compté et recompté, j’arrive à 299.900 millions de bestioles aux traits identiques aux miens. Affolant, je vous dis !
Occupée à réviser mes leçons de mathématiques, les copains continuent de s’exciter et le carnage auquel j’assiste me laisse pantoise.
Des milliers d’entre eux sont déjà hors course, épuisés, gisant le ventre en l’air comme des moribonds. Au fil du temps, leur nombre s’accroît de manière inquiétante. Je suis maintenant entourée de malfaisants dont les membranes essayent de m’agripper mais je me défends. Je louvoie doucement et je navigue à vue dans toute cette marée de bêtes microscopiques. Au fil du temps, ils disparaissent presque tous. Il en reste plusieurs dizaines, fatiguées ou amochées.
Cette affaire a commencé depuis plusieurs heures et seuls quelques-uns restent combatifs. Je m’approche tout doucement, en faisant le moins de bruit possible et, mue par un espoir insensé, je profite d’un passage et m’y engouffre à toute vitesse. Je m’enfonce alors dans une sorte de texture exhalant de divines senteurs.
Sans que je puisse en expliquer les raisons, je comprends… Nous sommes des spermatozoïdes et nous nous trouvons dans un ovule. J’en déduis être déjà dotée d’intelligence. Bizarre…

 

FILS DE COCO

 

FILS DE COCO

 

Fils de coco pour site edilybris

 

de Jannick WEBER-DENÉCHAUD

Être fier de ses convictions, porter haut ses couleurs, partager la même motivation et la même espérance, c’est à la fois noble et dangereux durant les années d’Occupation ! Vladimir en fera l’amère expérience, surtout lorsque par un concours de circonstances, il se retrouve prisonnier dans un goulag stalinien ! Le parti dont il était si friand l’avait récompensé à sa façon ! Mais de là à se faire bedeau dans une petite commune de Saintonge... allez comprendre...

PREMIER CHAPITRE (extrait)
Le mois de novembre s’annonçait particulièrement pluvieux et, en cela, collait peu ou prou à la définition étymologique du mois de brumaire, selon le calendrier républicain. Les nuages bas, qui obscurcissaient le ciel dans un voile continu, laissaient présager de nouvelles précipitations, ce qui ne changeait en rien le mauvais temps qui sévissait depuis ces derniers jours. Depuis quand pleuvait-il sur la ville ? Nul n’aurait su le dire avec précision. C’était comme au jour du jugement dernier, le ciel commençait à offrir aux regards le tumulte annonciateur d’un chaos imminent.
Les premières gouttes de pluie, chassées par un vent tourbillonnant, se mirent à fouetter violemment la fenêtre de la salle à manger. Un rideau en plastique transparent constellé de déjections de mouches, retenu sur le châssis par des punaises, occultait les vitres poussiéreuses, jamais nettoyées. Le bruit de l’eau projetée violemment sur les carreaux s’intensifiait progressivement et l’intérieur de l’appartement, simplement éclairé par une ampoule nue pendant au bout d’un fil, s’assombrit singulièrement. L’atmosphère glauque sur fond de tons grisâtres qui se dégageait de cet endroit reflétait l’apparence de tristesse, de misère et de solitude de ses occupants.  
Accroché au mur de la cuisine avec une pointe rouillée, un calendrier publicitaire de la marque « Suze », se balançait au gré des courants d’air, semblant attendre qu’on le débarrasse de sa feuille du mois pour enfin dévoiler l’image des paysages enneigés de décembre. Sur le côté, on pouvait y voir la photo d’un paysan muni d’une sorte de pic, appelé « fourche du diable » en train d’extraire les racines de la gentiane qui, macérées et distillées produisaient ce fameux apéritif au goût amer qu’est la Suze. Il s’agissait d’une reproduction en miniature de l’œuvre d’André Roz, peintre du Haut Doubs, primé pour plusieurs de ses œuvres rurales. 
De petites taches de gras apparaissaient de ci, de là, montrant que l’almanach était feuilleté régulièrement. Ce jour-là, il indiquait : mardi 2 Novembre 1931, fête des défunts et de Victorin.
Encore enfoui sous l’édredon rouge délavé rempli de plumes d’oie, et peu enclin à s’extirper de cet endroit douillet, Vladimir se demanda si le père allait se souvenir du jour de son anniversaire et murmura : « Ce serait étonnant, il oublie toujours ! »
La porte d’un placard se ferma en grinçant sur ses gonds non huilés depuis des lustres. Vladimir sursauta et s’entendit interpeller :
— Dépêche-toi, tu vas être en retard à l’école … et tâche de ne pas te bagarrer.
— Ouais, P’pa ! ... Tu sais quel jour on est ?
— Mardi, pourquoi cette question ?
— Eh bien, parce que j’ai dix ans aujourd’hui.
— Ah, bon ! C‘est bien.
Ce fut tout. Le battant de la porte se referma presque aussitôt sur la respiration rauque et saccadée de Laurent Jamin, son père.

 

Maxime-Félicien DENÉCHAUD, mémoire sauvegardée

« C’est avec une grande émotion que j’ai lu son témoignage et le vécu de Maxime. Pour ceux qui, comme moi, ont eu ou connu des personnes victimes des camps de prisonniers, ce récit nous ramène loin en arrière. Malgré le nombre de livres parus sur ce sujet depuis la dernière guerre , je suis persuadé qu’il aura beaucoup de succès. Ce serait une juste récompense pour le travail de recherches effectué par Jannick et William.»

Ce témoignage d’un lecteur du comité d’Edi’lybris reflète le caractère historique, familial et social du récit de Jannick. Son devoir de mémoire envers son père dépasse largement le cadre familial : il s’adresse à tous ceux dont un parent a vécu le drame d’être prisonnier de guerre.

Projet 8 mfdms

Interview Jannick pour Mémoire sauvegardée

Un aperçu de Maxime-Félicien Denéchaud, mémoire sauvegardée

Extrait :

L’hiver 1941 est arrivé très rapidement. Dès la fin du mois de septembre, la neige avait recouvert le pays. Cependant, grâce au soutien logistique familial, la vie de Maxime s’en est trouvée légèrement transformée. Il possédait maintenant de grosses chaussettes de laine, un bonnet, un gilet, une écharpe et des sur-chaussettes fabriquées par Denise. À partir de cette époque, malgré un quotidien difficile, les morsures du froid lui ont paru moins terribles.
Le travail en forêt a repris et pour s’y rendre, les prisonniers devaient d’abord dégager les chemins. Ils ne se pressaient pas, afin de raccourcir la journée de labeur.
Le gel était préférable à la neige car, malgré les clous que le sabotier enfonçait dans les galoches, il devenait quasiment impossible de circuler. Avec les autres, Maxime restait autour du feu pour jouer aux cartes ou lire. Grâce aux envois des familles, ils ont réussi à se constituer une petite bibliothèque ; mon père passait des heures plongé dans la partie histoire-géographie du Larousse.
Un camarade-prisonnier fabriquait des marionnettes dont l’une représentait Hitler, sans culotte et portant un bonnet d’âne. Bien souvent, cette effigie s’est retrouvée éventrée.
– Ce guignol improvisé nous faisait rire aux éclats, confiait-il. Au stalag, le quotidien était plus difficile à supporter mais les prisonniers bénéficiaient de distractions tels que théâtre, orchestre et rencontres sportives. Nous, on devait se contenter de peu mais la nourriture était plus abondante et variée et on pouvait facilement resquiller, alors, à tout prendre…
André qui comprenait de mieux en mieux l’allemand grâce à ses activités amoureuses, apprit en décembre que les troupes allemandes avaient été stoppées devant Moscou.
– Ils auraient dû se souvenir de Napoléon, énonçait sentencieusement Maxime. Et puis, quel bonheur quand les États-Unis sont entrés en guerre ! On a chanté toute la nuit. Jamais cette bande de fous ne pourrait faire face sur tous les fronts, il suffisait d’attendre !
L’hiver 41/42 fut aussi froid que le précédent et, mis à part quelques petites bouteilles d’alcool envoyées par Denise, il avait dû se contenter de tisane.
– J’en avais marre de leur pisse d’âne alors, j’ai décidé de confectionner un alambic. Ah, que de temps passé mais quelle expérience !
L’opération s’est avérée longue et délicate car se procurer le matériel nécessaire relevait de la haute stratégie. Il adorait m’expliquer sa réalisation.
– J’avais volé une vieille lessiveuse dans laquelle on a versé des patates fermentées. Au centre, un tuyau rouillé formant à son extrémité une sorte de serpentin, descendait sur un ancien pot de chambre, le tout monté sur le poêle chauffé à blanc pendant des heures. En fin de soirée, j’ai entendu Marcel crier : « Maxime, Maxime, ça pisse, ça pisse ! »
Il avait réussi à fabriquer de l’alcool. La soirée a été mémorable … évidemment bien arrosée. Des petites choses comme celle-ci maintenaient son moral à l'optimisme ; il le fallait, car les sujets de mécontentement étaient nombreux et engendraient de longues périodes d’abattement. Par exemple, en hiver, le courrier et les colis parvenaient rarement dans des délais raisonnables et arrivaient souvent ouverts et soulagés de quelques provisions. La Presse, réduite au journal « Le Trait d’Union » ne véhiculait que des idées collaborationnistes et terminait dans les latrines alors que « l’Optimiste » le canard du stalag, était lu attentivement par chaque prisonnier.

LE CARNASSIER SAINTONGEAIS

Après les épisodes sérieux de Meurtres en Saintonge et d’Amour tragique en pays rochefortais, Jannick a concocté une histoire grinçante dans laquelle les travers humains se dévoilent autour d’un corps inconscient mais non dénué d’oreilles... La recette de l’auteure est explosive : entrée constituée de ressentiments, de rancoeurs et de vénalités, servie sur un fond de candeur exaspérante ; en plat principal, pensées friponnes secouant allégrement les petits légumes placés sous la ceinture ; en fromage éloquent, les rejetons piaffant à qui mieux mieux pour délester les richesses du mourant ; et en dessert, quelques surprises qui ne seront pas du goût des convives !
Pour la digestion, un grand éclat de rire !

Pour commander, voir page 1

 

Extrait : le Carnassier saintongeais

Chapitre 1

Je sais que je suis étendu sur mon pieu. C’est une certitude parce que je me souviens qu’ils m’ont soulevé à plusieurs. J’en ai vu de toutes les couleurs et j’ai bramé comme un cerf. Enfin, je pense que des sons sont sortis de mon gosier mais dans mon état, allez savoir ! Maintenant, tout va bén. J’ai l’impression que mon corps flotte au-dessus de ma paillasse. Je me sens tellement léger que j’ai l’impression d’être une ajhace[1]. Je me dirige doucement vers un tunnel gris métallisé et je goûte avec délice ces instants maghiques quand j’entends des messes basses.
— Je crois qu’il n’en a plus pour longtemps.
Je reconnais la voix de ma dulcinée vieillissante mais pas celle qui lui répond. C’est pt’ être le draule du voisin de la ferme  des Mulots. Il habite un endroit prédestiné : rongeur campagnard, o lui va comme un gant, avec ses yeux vicieux et  ses petites dents acérées prêtes à la mordrerie de tout ce qu’il trouve. J’ignorais qu’il éprouvait de la sympathie à mon égard, quoique... ce soit plutôt de la curiosité malsaine. S’il ressemble à son père, rén d’étonnant.
– Le docteur a dit qu’il pouvait vivre encore plusieurs jours.
Si je dois vivre dans les conditions actuelles, je suis d’accord !
Leurs goules dau diablle[2] poursuivent.
— Le pov, il a tellement souffert que je lui pardonne car il n’était pas toujours gentil.
— Cela fait combien de temps que vous êtes mariés ?
— Quarante-sept ans dans deux mois.
— C’est un bail !
— Oui, j’ai dû souvent me cramponner.
Leurs clapets se ferment. Je ne sais pas qui discute avec ma vélle et o m’tape sur la coloquinte. A-t-elle besoin, cette prune melée de raconter ma vie ! Moi aussi, je l’ai supportée mais heureusement, j’avais des compensations extérieures. La pov Nicole n’était pas une beauté et avec les années, elle a davantage ressemblé à un bonhomme Michelin qu’à une femme attirante. Il m’aurait fallu une mobylette pour en faire le tour ! Pas étonnant si j’allais voer ailleurs ! De plus, elle était bête comme trente six cochons mais, comme on dit, quand le vin est tiré, il faut le boire…


[1]   pie

[2]   bouches du diable, qui parlent beaucoup

AMOUR TRAGIQUE EN PAYS ROCHEFORTAIS

         Rochefort est une commune chargée d’Histoire et d’histoires... Les gens du peuple ont leurs petits secrets... Aussi, lorsque Georges prend possession d’une petite maison au Vergeroux, il est loin de se douter qu’à défaut de planter un arbre, il va déterrer un drame vieux de plus soixante ans ! Pour le major Masselin et ses enquêteurs, la tâche sera dure et ingrate : mener une enquête jusqu’à découvrir les coupables et savoir qu’ils ne pourront pas être jugés, terrible cas de conscience qui les bouleverse au fur et à mesure du récit qu’ils entendent de la bouche de certains survivants !
          Plongez au coeur de cette aventure, pigmentée deci-delà d’anecdotes croustillantes du quotidien du gendarme, et lorsque vous prendrez la pelle au printemps, attention à ce que vous pourriez découvrir au fond du jardin !

Extrait : Amour tragique en pays rochefortais

Il aimait le travail bien fait et la présence de cet aménagement inutile l’agaçait. La pelle et la pioche entrèrent en action avec force et vigueur. Michel souhaitait conclure cette affaire dont la réalisation s’avérait plus compliquée et longue que prévu. Au bout d’une demi-heure, la terre enlevée laissa effectivement apparaître d’autres pavés. Y compris ceux déjà retirés, il en restait une certaine quantité qui semblait collée au sol argileux. Georges alla chercher une barre à mine et un burin qu’il tendit à Michel. Ce dernier se jeta à corps perdu dans ce qui, pour lui, devenait un problème personnel. Enfin, les premiers blocs restants se décollèrent de la terre et Michel jura à s’emporter le gosier.
— Tonnerre de Brest, qui est le chef ? s’écria-t-il.
— As ‘tu fini d’jucher d’mêm ? lui dit son père.
Les autres pierres taillées furent plus faciles à extraire et, fort satisfait de son travail, Michel s’apprêtait à remonter lorsque son pied s’enfonça. En le retirant, un morceau de toile en plastique s’accrocha à sa chaussure droite. Il se baissa et en aperçut un autre. Il tira vivement dessus, par simple curiosité. Il appela son père qui buvait tranquillement une bière en attendant la fin des opérations.
— Papa, viens voir, il y a encore un chien d’enterré, c’est un vrai cimetière, où je ne m’y connais pas !
Georges, un peu agacé, n’avait pas l’intention de jouer les fossoyeurs mais l’insistance de son fils l’obligea à descendre dans ce trou qui, au départ, ne mesurait que quarante centimètres de long et maintenant, atteignait près d’un mètre soixante. Il marmonna :
— Ces drôles, tous d’même, pouviant pas faire simple !
Même s’il avait conservé une bonne forme physique, sauter dans cette fosse ne l’enchantait pas et il prit certaines précautions, pour s’éviter une luxation. Il atterrit dans le fond en douceur et se retrouva collé au dos de Michel.
— On dirait une toile cirée, je vois des petites fleurs de différentes couleurs. Tirons dessus, on verra bien !
Au fur et à mesure, la nappe sortait de la terre et parfois se déchirait. Les deux hommes commençaient à suer et l’odeur de la terre humide leur collait à la peau.
— Eh bien dis donc, la bestiole était bien emballée, il y a encore une sorte de sac. Si ça continue, on va passer notre temps à larguer les cadavres de chiens dans les bois !
— Si on z’ou laissian ! suggéra Georges, peu enclin à recommencer le même manège que la veille, après tout, o fé ren !
Son fils ne semblait pas entendre et continuait de tirer sur la bâche en plastique et, subitement, il s’écria :
— P’pa, regarde ! …
— Quoi encore ? maugréa Georges.
— Une main !…
Et il se retourna pour vomir, laissant son père complètement éberlué. Quelques minutes s’écoulèrent avant que les hommes ne soient en mesure de reprendre leurs esprits.
— Faut sortir de là et appeler les flics ! déclara Michel.
— On n’a pas fini d’être enquiquinés ! répondit son père qui, subitement, retrouvait l’usage de la langue française.
Il n’avait effectivement pas tort. Après avoir ôté leurs équipements de jardiniers, les deux hommes rentrèrent dans la maison et s’accordèrent un moment de répit avant de téléphoner. Un petit Cognac leur redonnerait du courage ! Michel appela le 17 et expliqua brièvement la situation :
— Ne touchez plus à rien, on arrive ! fit son interlocuteur.
— Et le saule qui n’est toujours pas planté ! se plaignit Georges…

MEURTRES EN SAINTONGE ou l'impossible descendance - ROMAN POLICIER

Extrait :

La cueillette des champignons était toujours, pour lui, un moment privilégié. Il était près de la nature, il caressait leur peau délicate, il humait leur parfum. Dieu que c’était bon ! Mais, pour l’instant, que nenni ! Cette vieille expression négative lui fit penser à sa mère qui l’employait fréquemment. La pauvre, ses os ne lui faisaient plus mal depuis longtemps ! Tout cela était bien loin !
Afin d’estimer la distance qu’il lui restait encore à parcourir, Paul jeta un coup d’œil devant lui et distingua l’orée sud-est du bois. Son attention fut attirée par une tache de couleur bleue qui paraissait saugrenue dans cet univers boisé aux teintes olivâtres dominantes. C’était insolite mais il s’agissait vraisemblablement d’un sac en plastique  qui s’était envolé de l’exploitation agricole voisine ! Ces nouveaux agriculteurs, qui revendiquent l’appellation de chefs d’exploitation, en prenaient bien souvent à leur aise ! Il se reprocha de devenir grincheux ; après tout, il s’agissait de ses pairs ! Mis à part « le Toulardeau », Paul défendrait toujours les gens de sa corporation. C’était sans doute cette odeur épouvantable et la pluie incessante qui influaient sur son caractère. Il écarta les dernières branches avant d’atteindre la clairière sans avoir rencontré un quelconque animal mort… mais, peut-être avait-il pu se cacher dans les fourrés ? Cette forme bizarre de l’autre côté de la clairière, comme suspendue au seul grand chêne vert haut d’une quinzaine de mètres, l’intriguait. Et toujours cette odeur nauséabonde qui l’indisposait !
Avant de bifurquer sur sa gauche pour aller dans son coin secret ramasser ses « moussirons », il décida d’aller voir « cette chose » de plus près, pour en avoir le cœur net. Ses pas foulaient l’herbe bien verte et, au fur et à mesure qu’il avançait, il fut pris d’une sorte d’angoisse inexplicable. La forme ne bougeait pas alors qu’il y avait une légère brise, ce qui excluait une bâche, un morceau de plastique ou un chiffon. Et puis, à présent il en était certain, l’odeur provenait de cet endroit et il eut subitement un pressentiment, cette vague impression qui fait prévoir ce qui va arriver.
La pluie s’était enfin arrêtée et, subitement, ses yeux horrifiés s’arrêtèrent sur une forme qui, très vite, se révéla être celle d’un homme. L’idée qu’il pouvait s’agir d’une femme ne l’avait même pas effleuré bien qu’elles s’habillent maintenant en pantalon. La morphologie peut-être de l’individu ou, tout simplement, une sorte d’intuition ?
Quoi qu’il en soit, Paul resta un instant figé sur place, la bouche ouverte, les yeux exorbités, le cœur battant à cent à l’heure. Sans qu’il en ait vraiment conscience, il recula doucement, très doucement comme pour ne pas réveiller le mort,  fit volte face et se mit à courir comme un fou et ne s’aperçut même pas qu’il laissait tomber son sac. Il traversa à nouveau le bois Nair dans le sens inverse en ignorant le petit sentier. Il courait à perdre haleine et écartait machinalement les feuillus, sans prêter attention aux griffures que lui infligeaient les branches et les ronces. Son cerveau était vide. Il fallait simplement qu’il s’échappe de cet endroit, qu’il se débarrasse de cette odeur et de cette vision d’horreur.

"Meurtres en Saintonge ou l'impossible descendance" s'inscrit dans une démarche régionale originale. L'enquête de gendarmerie est décortiquée de fond en comble, mettant l'accent sur les investigations précises et honorant ainsi le travail méticuleux mené par un personnage attachant, qui pourrait se rencontrer dans la vie de tous les jours.

Mais Jannick ne s'en tient pas qu'à l'intrigue romanesque. Elle évoque avec beaucoup de tact et de réalisme le caractère bien trempé des propriétaires terriens, du monde qui les entoure, des valeurs qui sont les leurs et qui, parfois, sont en décalage avec le monde sociétal.

Laissons place à Jean-Jacques Pécheux, rédacteur de la préface à découvrir intégralement dans le roman :

"Lorsque l’attachement aux racines et au terroir, associé à une imagination féconde, sort du bois pour nous servir tout un plateau d’émotions, on a envie de cesser de s’admirer béatement le nombril pour aller voir ce qui se passe ailleurs. Parce que, franchement, comment peut-on rester indifférent à la détresse des uns lorsque les autres se vautrent sans vergogne dans l’opulence en écrasant de leur méprisable hauteur un « petit monde » certes laborieux mais digne d’attention ? 

Il est des comportements qui ne sauraient trouver une quelconque justification dans la nécessité subjective de sauvegarder des acquis. Et lorsqu’ils s’expriment avec cette inhumanité induite par une incompréhension entre ayants-droits, nul ne saurait s’étonner des attitudes extrêmes que peuvent génèrer des situations inattendues. 

Au travers de cette saga prenante à plus d’un titre, Jannick Weber-Denéchaud restitue à la perfection le lourd climat de défiance, d’indifférence, de haine parfois, qui régit les interactions entre individus de mondes totalement opposés. Entre ces gens simples, voire frustrés, et ces seigneurs parvenus, rustres et implacables, dont elle dresse des portraits saisissants au fil de l’enquête conduite par un « patron » de gendarmerie locale, on est surpris de voir comment l’émotion parvient à s’insinuer et à s’imposer inlassablement sur le devant de la scène, dans toute sa sincérité, pour nous arracher des larmes du cœur et nous inviter à nous interroger sur les fondements de l’existence."

DE SAINTONGE EN POMÉRANIE

En 2005, Jannick Weber-Denéchaud avait convaincu le lectorat du terroir saintongeais avec la publication d'un ouvrage plutôt bibliographique, intitulé "De Saintonge en Poméranie, chronique familiale". D'emblée, son récit emporta l'adhésion, puisque la Médaille de l'académie de Saintonge lui fut attribuée.

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Date de dernière mise à jour : 27/04/2020